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11:28 5 juillet 2021 | mise à jour le: 5 juillet 2021 à 16:33 Temps de lecture: 4 minutes

Alliance entre 40 organismes canadiens et allemands pour contrer GNL Québec

Alliance entre 40 organismes canadiens et allemands pour contrer GNL Québec
Photo: 123RFLe pipeline de GNL Québec traversera le Canada sur 780 km, parcourant l’Abitibi-Témiscamingue, la Haute-Mauricie et le Lac Saint-Jean jusqu’au port de Saguenay.

Deux jours après l’annonce d’un partenariat d’affaire entre GNL Québec et une société allemande, quarante organismes du Canada et de l’Allemagne s’allient pour arrêter le projet.

GNL Québec s’est associé à la société allemande Hanseatic Energy Hub, qu’elle compte intégrer à sa chaîne d’approvisionnement. Pour ce faire, un terminal d’importation serait construit dans le Nord de l’Allemagne, et serait opérationnel d’ici 2026.

Celui-ci représenterait un danger potentiel, estime-t-on, puisqu’il se retrouverait à proximité d’une installation de stockage nucléaire et d’un parc chimique.

«L’Allemagne est plus que suffisamment connectée aux marchés européens et internationaux du gaz. Nous n’avons pas besoin d’infrastructures fossiles supplémentaires.»

Sascha Müller-Kraenner, Directeur général d’Environmental Action Germany

Selon les organismes ralliés, dont font partie Équiterre, Nature Québec et Eau Secours, ces projets potentiels sont une «entrave majeure à la transition énergétique» et une «honte nationale et internationale». La contamination potentielle d’eau potable et l’émission de méthane est crainte dans la production de gaz fossile non conventionnels.

«Les Allemands ne veulent pas de notre gaz de fracturation sale, et à juste titre, nous sommes tout à fait d’accord avec eux, se prononcent les 18 organismes canadiens associés à la nouvelle alliance. Exporter ce GNL ralentirait la transition énergétique en Europe et, on le sait, la crise climatique est un problème international et ne connaît pas de frontière.»

Écoblanchiment soupçonné

GNL Québec se targue que son usine de liquéfaction du gaz naturel de Saguenay pourrait être l’une de celles sont les émissions de GES sont les plus faibles au monde, notamment grâce à son alimentation via l’hydroélectricité.

La société Gazoduc aurait cependant fourni des indications fausses ou trompeuses sur des points importants du projet de pipeline GNL Québec, estime un organisme de protection de l’environnement par le droit, le Centre québécois du droit de l’environnement (CQDE). Une plainte a été déposée au Bureau de la concurrence du Canada à ce sujet.

«De telles pratiques vont à l’encontre de l’intérêt public et nuisent à la capacité de la population de prendre des décisions éclairées sur des projets qui peuvent générer des impacts majeurs pour les générations actuelles et futures», considère la directrice générale Geneviève Paul.

Puisque la carboneutralité et la réduction des gaz à effet de serre (GES) sont des arguments de ventes populaires pour les entreprises, rappelle-t-on. Si ces initiatives sont essentielles à la lutte contre les changements climatiques, il faut s’assurer qu’elles sont bel et bien instaurées.

«Quiconque prétend contribuer à la protection de l’environnement doit être en mesure de le prouver scientifiquement et sans équivoque, statue l’avocat-conseil Julien Beaulieu. À notre connaissance, il s’agit du premier dossier public où le Bureau se penchera sur une campagne promotionnelle misant sur la carboneutralité.»

Destin inconnu pour GNL Québec

Le pipeline dont il est question traversera le Canada sur 780 km, parcourant l’Abitibi-Témiscamingue, la Haute-Mauricie et le Lac Saint-Jean jusqu’au port de Saguenay. Les trois partis de l’opposition, des regroupements environnementaux ainsi que des syndicats s’y sont opposés au cours des derniers mois.

Le Bureau d’audience publique sur l’environnement (BAPEa également émis d’importantes réserves. Malgré «des retombées économiques importantes pour la région d’accueil et pour le Québec», les risques d’émissions de gaz à effets de serre (GES) «ne permettent pas […] de confirmer le bilan positif du projet mis de l’avant par l’initiateur», se sont prononcés les commissaires.

Ottawa évalue encore la potentielle tenue du projet, tout comme Québec, qui statuera d’ici la fin de l’été. En plus du pipeline, une usine de liquéfaction du gaz naturel doit être construite à Saguenay.

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