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GNL Québec: de l’écoblanchiment potentiel, selon le CQDE

Greenpeace GNL Québec
En mars, Greenpeace a déployé six bannières contestant GNL Québec dans Montréal. Photo: Gracieuseté Greenpeace

La société Gazoduc aurait fourni des indications fausses ou trompeuses sur des points importants du projet de pipeline GNL Québec, estime un organisme de protection de l’environnement par le droit, le Centre québécois du droit de l’environnement (CQDE). Une plainte a été déposée au Bureau de la concurrence du Canada à ce sujet.

L’actionnaire majoritaire du projet, Symbio infrastructure, est également visé par la plainte, dans laquelle des violations de la Loi sur la concurrence sont soupçonnées. Ces sociétés souhaitent créer un pipeline pour transporter du méthane de l’Ouest canadien jusqu’au Saguenay.

Elles indiquent que l’installation sera carboneutre, et permettrait de réduire les émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale. Ces promesses pourraient constituer de l’écoblanchiment, ou s’avérer trompeuses pour les investisseurs et la population, craint le CQDE.

«De telles pratiques vont à l’encontre de l’intérêt public et nuisent à la capacité de la population de prendre des décisions éclairées sur des projets qui peuvent générer des impacts majeurs pour les générations actuelles et futures», considère la directrice générale Geneviève Paul.

Vérifications demandées

La carboneutralité et la réduction des gaz à effet de serre (GES) sont des arguments de ventes populaires pour les entreprises, rappelle-t-on. Si ces initiatives sont essentielles à la lutte contre les changements climatiques, il faut s’assurer qu’elles sont bel et bien instaurées.

«Quiconque prétend contribuer à la protection de l’environnement doit être en mesure de le prouver scientifiquement et sans équivoque, statue l’avocat-conseil Julien Beaulieu. À notre connaissance, il s’agit du premier dossier public où le Bureau se penchera sur une campagne promotionnelle misant sur la carboneutralité.»

Contestations majeures du projet GNL Québec

Le pipeline dont il est question traversa le Canada sur 780 km, parcourant l’Abitibi-Témiscamingue, la Haute-Mauricie et le Lac Saint-Jean jusqu’au port de Saguenay. Les trois partis de l’opposition, des regroupements environnementaux ainsi que des syndicats s’y sont opposés au cours des derniers mois.

«Malheureusement, le projet GNL Québec ne remplit pas les conditions environnementales et économiques qui justifieraient sa mise en oeuvre», s’était prononcée la cheffe du parti Libéral du Québec, Dominique Anglade en mars.

Le Bureau d’audience publique sur l’environnement (BAPE) a également émis d’importantes réserves. Malgré «des retombées économiques importantes pour la région d’accueil et pour le Québec», les risques d’émissions de gaz à effets de serre (GES) «ne permettent pas […] de confirmer le bilan positif du projet mis de l’avant par l’initiateur», se sont prononcés les commissaires.

Des rapports de Pêches et Océans Canada et Parcs Canada statuent aussi que le transport maritime lié au projet pourrait présenter des risques pour les bélugas dans l’estuaire du Saint-Laurent et dans le fjord du Saguenay.

«Le promoteur n’a pas recensé de façon adéquate et complète les effets nocifs du projet sur la population de béluga de l’estuaire du Saint-Laurent», tranche Pêche et Océans Canada.

Ottawa évalue encore la potentielle tenue du projet, tout comme Québec, qui statuera d’ici la fin de l’été. En plus du pipeline, une usine de liquéfaction du gaz naturel doit être construite à Saguenay.

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