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Projet de loi 14 : le Mouvement Québec français veut un débat respectueux

Photo: Yves Provencher/Métro

Le Mouvement Québec Français (MQF) veut débattre du projet de loi 14 dans le respect.

«Le temps de se faire culpabiliser et intimider est fini, a déclaré lundi le président du MQF, Mario Beaulieu. Il faut faire le débat et parler des vrais enjeux».

M. Beaulieu faisait entre autres référence à un éditorial du journal The Gazette dans lequel il était décrit comme étant un «anglophobe professionnel». «Je trouve cela profondément insultant d’avoir continuellement à faire face à ce genre d’accusation plutôt que de faire un débat», a-t-il lancé.

«Je suis convaincu que la majorité de la population anglophone est d’accord pour assurer la survie du français, a ajouté Mario Beaulieu. Selon lui, beaucoup d’anglophones n’ont pas droit aux différents points de vue de ce débat. Son collègue d’Impératif français, Jean-Paul Perreault, a indiqué que la levée de bouclier devant le projet de loi 14 provient d’une minorité d’anglophones. «Il faut faire la différence entre les quelque agitateurs et une communauté qui est prête à vivre très bien dans un Québec français qui a beaucoup à offrir», a-t-il dit.

L’éditeur du journal The Suburban, Beryl Wajsman, qui est très engagé dans de ce débat, croit que les anglophones et les francophones veulent que la langue française survive, mais qu’il ont honte du projet de loi 14. «Il veulent être les bons voisins, a-t-il insisté. Il n’y aucun danger à cela.»

Le MQF a présenté lundi sa position sur le projet de loi 14, qui vise à modifier la Charte de la langue française ainsi que Charte québécoise des droits et libertés. Il se veut un «petit pas dans la bonne direction», d’après l’organisme indépendant qui aurait aimé que davantage de mesures contraignantes soient retenues dans le projet de loi pour promouvoir le français. Il a notamment déploré que l’imposition de la loi 101 dans les cégeps ou même l’abolition des écoles passerelles soient mises de côté par le gouvernement de Pauline Marois.

Le recul du français, particulièrement à Montréal, inquiète le MQF. D’après le recensement 2011 de Statistique Canada, la proportion de Montréalais qui parlent uniquement le français à la maison a chuté de 46% à 39% en 10 ans.

M. Wajsman, qui a qualifié le projet de loi 14 de «paternaliste», croit plutôt que le français n’est pas en danger. Il a cité des chiffres qu’a dévoilés l’Office québécoise de la langue français selon lesquels 91% des personnes qui travaillent au centre-ville de Montréal le font en français et 93% des commerces du centre de la métropole accueillent leurs clients dans la langue de Molière.

L’éditeur du journal The Suburban a également mentionné que le projet de loi 14 contrevient à la Déclaration des droits des personnes appartenant à des minorités nationales, ethniques, religieuses et linguistiques des Nations Unies qu’a signée le Canada en 1992.

La commission parlementaire qui doit étudier le projet de loi 14 commencera ses travaux mardi. Le Parti libéral entend s’y opposer. Son chef intérimaire, Jean-Marc Fournier, a dénoncé le mois dernier la manière contraignante qu’a choisie le Parti québécois pour faire la promotion de la langue française. La Coalition Avenir Québec est prête de son côté à l’appuyer, mais des amendements devront être faits, notamment en ce qui concerne les mesures de francisations qui seront imposées aux entreprises ayant de 25 à 49 employés et le statut bilingue des municipalités.

Le Projet de loi 14
La ministre responsable de la langue française, Diane de Courcy, a déposé en décembre dernier le projet de loi 14. Il prévoit notamment :

  • que les employeurs ne peuvent exiger la connaissance de l’anglais d’un travailleur, à moins que le poste qu’il convoite l’exige;
  • que les entreprises de 26 à 49 employés doivent faire du français «la langue normal et habituelle du travail»;
  • que l’obtention d’un diplôme secondaire et collégial est conditionnelle à la réussite d’un test de français;
  • que les commerces doivent être en mesure de servir leurs clients en français
  • que les municipalités pourront obtenir le statut bilingue seulement si leur population compte plus de 50% d’anglophones.

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