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20 000 travailleurs de la santé absents, 1000 lits de plus nécessaires

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé
Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé Photo: Josie Desmarais/Métro

Affecté par la COVID-19, le système de santé doit composer avec la perte de 20 000 travailleurs de la santé. La situation est «très, très, très difficile», a admis le ministre de la Santé Christian Dubé lors d’une conférence de presse, alors que les hospitalisations sont en hausse.

Si l’on compte les employés absents pour d’autres raisons depuis le début de la pandémie, comme des épuisements professionnels, l’absentéisme se chiffre à 50 000 employés, indique M. Dubé. En plus de cela, le réseau doit s’adapter à une hausse croissante d’hospitalisations, si bien qu’il pourrait manquer de places dans les hôpitaux, une première depuis le début de la pandémie.

Nous allons tout faire pour nous sortir le plus rapidement possible de cette situation-là.

Christian Dubé, ministre de la Santé

Dans ce contexte, le gouvernement travaille de concert avec les syndicats du réseau afin que 1000 lits qui ont auparavant été fermés soient de nouveau disponibles. À titre comparatif, 15 000 lits étaient disponibles au Québec pour les soins de courte durée, en mars 2020. On en compte aujourd’hui 12 000.

Pour accélérer le retour des travailleurs de la santé en contact avec les patients au travail, la période d’isolement qu’ils doivent respecter après avoir été atteints de la COVID-19 a été réduite de 10 à 7 jours. Pour retourner au travail, ces employés ne doivent toutefois être atteints d’aucun symptôme.

Choix difficiles

À travers le Québec, la situation devient critique. En ce qui concerne le délestage, de nombreux centres de santé atteignent le niveau 4. Cela signifie que plus de la moitié des chirurgies non urgentes sont reportées. Dans ce contexte, ces chirurgies jugées non urgentes peuvent tout de même être critiques, comme une opération reliée à un cancer de la prostate.

Même si le délestage peut sembler draconien, il s’avérera insuffisant si les hospitalisations continuent de grimper. «Ce ne sera pas assez pour traiter tous les patients qu’on va avoir dans les semaines à venir», a prévenu la sous-ministre adjointe Lucie Opatrny.

Selon Québec solidaire, la province doit s’assurer de mettre pleinement à profit les cliniques privées pour sortir de cette impasse. «Le ministre de la Santé doit s’assurer de mettre à contribution toutes les ressources à sa disposition pour limiter le dépassement de capacité, à commencer par les cliniques privées, réagit le député de Rosemont, Vincent Marissal. Est-ce que Christian Dubé peut nous confirmer que toutes les ressources disponibles en ce moment au sein des cliniques privées participent à l’effort de guerre?»

Hausse à prévoir

Selon les plus récentes données de l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS), le Québec connaîtra une croissance des nouvelles hospitalisations au cours des deux prochaines semaines. Cette croissance générera à la fois une augmentation de l’occupation des lits réguliers et de soins intensifs.

Ainsi, les projections de l’Institut suggèrent que d’ici deux semaines, l’occupation pour les patients COVID-19 pourrait dépasser 3000 lits. C’est bien au-delà du niveau 3 d’alerte établi par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS). C’est aussi largement supérieur aux seuils observés lors des vagues précédentes.

Pour les lits aux soins intensifs, les projections prévoient également que d’ici deux semaines, plus de 400 lits pourraient être occupés. Ce nombre est aussi bien au-delà du niveau 3 établi par le MSSS.

L’INESSS rappelle que d’autres facteurs influencent également la capacité hospitalière, comme la disponibilité du personnel et du matériel.

Avec la collaboration de Fanny Forest

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