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Deux fois plus de partis politiques au municipal

Photo: Denis Beaumont/Archives Métro

À l’aube d’une nouvelle campagne électorale, deux fois plus de partis politiques municipaux ont demandé une autorisation au Directeur général des élections du Québec (DGEQ) en 2013, qu’il y a quatre ans.

D’après un bilan du DGEQ publié jeudi, en date du 31 août, pas moins de 74 demandes avaient été formulées cette année par des nouvelles formations politiques, contre 37 en 2009. Six autres demandes ont été reçues depuis le début du mois de septembre.

À ce jour, 162 partis politiques ont reçu le feu vert pour se lancer dans la joute électorale.

La professeure associée au Département d’études urbaines et touristique de l’Université du Québec à Montréal, Danielle Pilette, explique l’augmentation du nombre de partis politiques par la création de formation politique ultra locale, particulièrement à Montréal. «C’est l’éclatement territorial de Montréal et l’éclatement des enjeux municipaux, a-t-elle dit. C’est la résurgence des anciennes villes, mais sous forme de partis politiques.»

L’intérêt grandissant de la population pour les enjeux municipaux et toutes les enquêtes portant sur les municipalités ont aussi eu pour effet d’augmenter le nombre de partis politiques, d’après Mme Pilette. «Cela a suscité une opposition, qui est deux fois plus forte qu’en 2009, mais les anciens partis restent», a-t-elle noté.

Elle a donné comme exemple Union Montréal, qui a été éclaboussé par la Commission Charbonneau et qui se trouve encore sur la liste des partis autorisés du DGEQ. L’ancienne formation politique de Gérald Tremblay veut maintenant annuler sa demande de dissolution auprès du DGEQ afin d’utiliser l’argent qui reste dans ses coffres pour pouvoir se défendre s’il y a lieu.

Le Parti municipal de Longueuil (PML), qui est aussi autorisé par le DGEQ et qui a été compromis par des témoignages devant la commission Charbonneau, entend demeurer en vie, même s’il ne présentera pas de candidat aux prochaines élections municipales.

«Même dans les villes où il y a eu des enquêtes, les anciens partis restent en vie parce qu’il y a encore des avantages financiers à tirer de la situation. Ils se sentent invincibles et ils sentent qu’ils ont encore leur place», en déduit la professeure de l’UQAM. Elle croit d’ailleurs que des partis comme le PML mise sur «l’usure du temps» pour revenir en politique active.

«Il y a plein d’enquêtes, mais rien n’est fondamentalement résolu, a conclu Danielle Pilette. Le ménage n’est pas fait. Tout le monde est en stand by. Ce n’est pas parce qu’on a mis des choses au jour qu’elles ne sont pas susceptibles de revenir. Tout le monde attend les mesures correctives.»

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