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Petite victoire dans une lutte à finir pour l'équité au travail

Archives Métro Photo: Archives Métro

Après quatre années passées dans une camionnette de camping, le Centre d’appui aux travailleurs migrants s’est installé hier dans un local permanent, à Saint-Rémi, en Montérégie. Une première victoire pour l’Alliance des travailleurs agricoles, à qui il reste cependant beaucoup de chemin à parcourir avant d’obtenir une pleine reconnaissance pour ses membres.

L’ouverture du Centre d’appui aux travailleurs migrants était attendue depuis longtemps à Saint-Rémi.

«Le Centre d’appui a commencé ses activités en 2004, a expliqué à Métro Andrea Galvez, coordonnatrice du chapitre québécois de l’Alliance des travailleurs agricoles. Nous nous étions trouvé un local à l’époque, mais ça n’a pas duré longtemps parce que le propriétaire, qui était aussi
propriétaire du centre commercial, avait reçu des menaces des fermiers qui exigeaient que les gens du Centre soient mis à la porte, sans quoi ils cesseraient de l’approvisionner.»

Les dirigeants du Centre ont rapidement dû trouver une solution de rechange, qui a pris la forme d’une camionnette de camping.

«La difficulté, c’est que la ville nous obligeait à changer de stationnement tous les jours, a précisé Mme Galvez. Les gens ne savaient donc jamais où nous étions. C’était presque devenu une course
à savoir qui nous trouverait en premier!»

Possédant désormais son pied-à-terre, le Centre d’appui, qui se charge d’informer les travailleurs migrants de leurs droits, mais qui agit également à titre de lieu de rencontre pour les travailleurs nouvellement arrivés, pourra se concentrer sur les prochaines luttes à mener en matière d’équité.

Appel aux gouvernements

Quelque 6 000 travailleurs migrants sont attendus au Québec cette année. Pour certains d’entre eux, les prochains mois seront faits de hauts et de bas.

«En théorie, les travailleurs migrants ont les mêmes droits que les travailleurs québécois, a indiqué Andrea Galvez. Ce sont des travailleurs légaux, qui ont un permis de travail et un visa. Le problème, c’est que ce sont les employeurs qui décident si leurs travailleurs reviennent l’année suivante. Ça ouvre la porte à toutes sortes d’abus, d’autant plus qu’il n’existe pas de mécanisme de surveillance et que les travailleurs connaissent souvent mal leurs droits.»

L’Alliance des travailleurs agricoles tente d’ailleurs de convaincre les gouvernements d’intervenir en la matière.

«Le gouvernement du Québec et la Commission des normes du travail ont commencé à bouger l’année passée, mais c’est beaucoup plus difficile du côté du gouvernement fédéral», a déclaré Mme Galvez.

L’Alliance considère également que l’organisation du travail devrait être revue.

«Les travailleurs ne devraient pas être liés à un seul employeur, estime Andrea Galvez. S’ils avaient le choix de changer d’employeur, ça leur donnerait un meilleur pouvoir de négociation, et leurs droits seraient sans doute mieux respectés.»

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