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Sept ans de détention en Ontario

Sept ans de prison, sans procès public, sans réellement connaître les preuves qui pèsent contre lui. Le comité de soutien à Hassan Almrei soulignait hier, au centre-ville de Montréal, le triste anniversaire de l’incarcération de ce réfugié syrien. Il est emprisonné depuis octobre 2001 en Ontario, en vertu d’un certificat de sécurité. On lui reproche notamment de faire partie d’Al-Qaïda.

«Il s’est entraîné dans des camps en Afghanistan comme beaucoup de jeunes, à l’époque, pour défendre le pays lors de l’invasion soviétique, mais ça n’a rien à voir avec Al-Qaïda», déplore Mary Foster, porte-parole de People Commission. Cette coalition dénonce l’attitude du Canada, qu’elle accuse de sous-traiter la torture.

M. Almrei est le dernier prisonnier canadien à être détenu sous un certificat de sécurité à la prison de Kingston, le «Guantanamo du nord» comme l’appellent certains. Ses anciens codétenus, Adil Charkaoui, Mohammed Harkat, Mohamed Mahjoub et Mahmoud Jaballah vivent désormais en liberté surveillée chez eux.

Pas d’accès au dossier
«Hassan Almrei est le seul à ne pas avoir de famille ici qui puisse le surveiller et lui servir en quelque sorte de gardien, ça nuit à sa libération», explique Mary Foster.

Elle précise toutefois que dans le cadre de son procès privé, qui se tient actuellement, une de ses amies a accepté de l’héberger et de le surveiller, mais cela suppose qu’elle ne puisse pas avoir de travail en dehors.

En février 2007, la Cour suprême avait donné un an au gouvernement fédéral pour réécrire la loi sur les certificats de sécurité, dont elle jugeait certaines dispositions inconstitutionnelles. «Désormais, un avocat de la défense nommé par le gouvernement peut avoir accès au dossier, mais il ne peut communiquer à personne les éléments de preuve», dénonce Mme Foster.

«D’ici janvier 2009, le juge veut avoir réglé tous ses dossiers. Pour Hassan et les autres qui vivent en liberté surveillée, c’est une grande source d’anxiété. Ils craignent d’être déportés dans leur pays d’origine et d’y être torturés comme l’a été Maher Arar», conclut-elle. 

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