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Le caribou des bois est menacé et laissé à lui-même

Photo: Archives Métro

Les caribous des bois sont de moins en moins nombreux, au point que cette espèce animale vient d’être classée, par le gouvernement du Québec, dans la catégorie de celles qui sont menacées de disparaître. Une mesure logique, qui ne s’accompagne malheureusement pas de gestes significatifs.

Outre le caribou forestier, dont le statut passe de vulnérable à menacé, 20 autres espèces ont été ajoutées à la liste des espèces menacées et vulnérables. Mais Patrick Nadeau, président de Citoyens pour la nature, demeure inquiet face à la lenteur du gouvernement à prendre des mesures efficaces pour protéger ces espèces. «On a apprécié bien évidemment l’initiative du ministère, sauf que mettre un animal sur la liste n’engage pas forcément à trouver des réponses au problème, déclare-t-il. Un plan de rétablissement pour le caribou existe depuis trois ans, mais n’a pourtant jamais été mis en place.»

Rien n’est fait pour le moment
Des experts québécois de tous horizons s’étaient en effet penchés, en 2002, sur la rédaction d’un plan de rétablissement pour le caribou forestier. Paru en 2005, il n’a toujours pas été adopté par le gouvernement.

Sensible aux perturbations et aux modifications de son habitat, le caribou forestier a vu sa population québécoise passer de près de 1 000 individus dans les années 1950 à 230 aujour­d’hui, selon le ministère des Ressources naturelles et de la Faune. Ces baisses d’effectifs significatives avaient conduit à la désignation officielle de l’écotype au titre d’espèce vulnérable, en 2005, un statut accordé aux espèces dont la survie est jugée précaire, même si sa disparition n’est pas appréhendée à court ou à moyen terme. Or, cela n’entraîne pas automatiquement la mise en place de mesures de protection. 

Alors que des espèces comme les tortues mouchetées et musquées font l’objet d’un plan de rétablissement depuis plusieurs années déjà, aucune mesure n’a, à ce jour, été prise concernant le caribou forestier. «J’aimerais vous dire qu’un plan va être accepté très bientôt malheureusement ce n’est pas le cas, affirme Daniel Banville, chef de l’équipe Biodiversité au ministère des Ressources naturelles et de la Faune. On tourne un peu en rond.»

Protéger l’habitat
Pour beaucoup de spécialistes, la protection des espèces passe d’abord par la protection de leur habitat. Et c’est dans cette veine-là que tente de progresser le gouvernement. «Avant de faire un plan de rétablissement du caribou, il nous faut  décrire les caractéristiques de son habitat, explique Daniel Banville. Actuel­lement, on essaye de trouver des solutions sur le terrain, en concertation avec les compagnie forestières. Des plans d’aménagement forestier sont en cours d’écriture.»

En attendant, un rapport fédéral sur le déclin du caribou des bois a été publié hier matin, mais il n’accélérera malheureusement rien au niveau fédéral. «C’est juste un document de consultation, précise Daniel Banville. Ils nous demandent notre avis et, bien sûr, on va réagir.»

38 espèces menacées
La liste présentée par le ministère des Ressources naturelles et de la Faune fait passer de 18 à 38 le nombre d’espèces menacées ou vulnérables. Parmi elles, la salamandre sombre des montagnes, comme la tortue mouchetée, bénéficie depuis plusieurs années déjà d’un plan de rétablissement. Ce qui n’est pas le cas de l’ours blanc, qui intègre la liste en tant qu’espèce vulnérable. Pas moins de neuf espèces d’oiseaux, tels la sterne de Dougall et l’arlequin plongeur, sont également déclarées en situation précaire.

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