Le Plateau continental polaire en 3 questions
Des chercheurs canadiens participant au Programme du plateau continental polaire organisaient hier une conférence téléphonique en direct de leur base du Nunavut. L’occasion de faire le point sur certains dossiers chauds.
Qu’est-ce que le plateau continental?
Chaque pays côtier est souverain sur une zone qui s’étend jusqu’à 200 milles marins (370 km) à partir de ses côtes. Mais des pays comme le Canada ont une partie immergée (plateau continental, talus, glacis) qui s’étend au-delà des 200 milles marins. Pour la valider, il faut déterminer cette limite de façon scientifique et soumettre un dossier à la Commission des limites du plateau continental, qui dépend des Nations unies.
Quels sont les enjeux?
Le Canada, qui déposera sa soumission d’ici 2013, prétend que l’extension de sa zone de souveraineté pourrait être de 1,7 million de km2. Pour l’instant, c’est surtout l’Arctique qui suscite le plus de convoitise, car il regorge de pétrole et de gaz. Les États-Unis, la Russie et le Danemark se sont donc aussi lancés dans une course pour mesurer leur plateau continental et ainsi étendre leur souveraineté sur les fonds marins. Récemment, la Norvège a obtenu une extension de 235 000 km2 de son plateau continental, soit la superficie du Royaume-Uni.
Où se situe le Canada dans cette course?
Pour la deuxième fois, le Canada et les États-Unis envoient conjointement, cet été, deux brise-glaces dans la mer de Beaufort (au-delà des 200 milles marins, je crois). L’un pour réaliser la topographie des fonds marins, l’autre pour mesurer l’épaisseur des sédiments. Mais, comparés aux Russes, qui sont notamment capables de naviguer dans le pôle Nord, même l’hiver, les Canadiens font pâle figure. Les annonces récentes du premier ministre Harper laissent
toutefois supposer un changement de cap.