Qu'est-ce qui fait courir Julian Assange?
Qu’est-ce qui fait courir Julian Assange et ses acolytes? Au-delà de la transparence à outrance, il n’est pas évident de comprendre les motivations de l’homme. Toutefois, les épisodes des dernières semaines nous ont permis de saisir l’ampleur des appuis et la puissance du réseau de soutien dont il jouit.
Il est vrai que la confiance du public a été grandement ébranlée au cours des dernières années. On n’a qu’à se souvenir de l’épisode des armes de destruction massive. On le sait aujourd’hui, l’Irak n’aurait sûrement jamais été envahi si la vérité avait été révélée. Faut-il pour autant tout dire?
On a l’impression d’assister à la naissance d’une nouvelle religion : celle où toute vérité est bonne à dire. Pour ceux qui n’adhèrent pas, on se demande jusqu’où doit aller la liberté d’expression. L’image est peut-être boiteuse, mais pourquoi accepter que les joueurs des Alouettes se cachent lorsqu’ils discutent de leurs jeux, alors que les gouvernements ne pourraient pas réfléchir à leurs stratégies à l’ombre des regards? Je veux bien que les services de renseignement et les services diplomatiques soient payés à même nos taxes. Le propre de plusieurs opérations est qu’elles soient secrètes.
Ce qui surprend, dans toute cette histoire, c’est de voir la fragilité de ce géant que sont les États-Unis. Voir 6 % de son information hautement confidentielle publiée sans même qu’une alarme ait été sonnée, il y a de quoi se poser des questions sur la sécurité qui entoure l’administration américaine.
Les représailles orchestrées dans le monde démontrent aussi la force de frappe de tous ceux qui croient en la mission de WikiLeaks. Il est complètement hallucinant de voir des sites suppo-sément sécuritaires comme ceux de Visa ou de Master Card être paralysés par l’armada informatique fidèle à Assange.
La revanche s’organise. Les nations s’entendent entre elles pour arrêter WikiLeaks. Il se fait pourtant tard. Une fois que tout a été révélé, il ne reste que méfiance. Si le but de WikiLeaks est de déstabiliser la planète en publiant de l’information confidentielle, la mission est accomplie. Reste à savoir au nom de quel idéal tout cela aura été fait et qui s’en portera mieux.
– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.