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Un premier candidat à la course à la chefferie du Bloc québécois

Un premier candidat à la course à la chefferie du Bloc québécois

Jean Claude Sylvain Guay, un militant au Bloc québécois depuis 10 ans, compte faire valoir ses idées pour remplacer Daniel Paillé comme chef du Bloc québécois. Ce dernier a démissionné en décembre pour des raisons de santé.

M. Sylvain Guay, seul candidat en lice actuellement et sans expérience à un poste électif, se présente pour une deuxième fois à cette fonction, après une première tentative en 2011. «C’était surtout une gageure qu’un ami m’avait lancée [en 2011]. La maturité et la préparation n’y étaient pas», avoue le candidat qui n’avait pas pu récolter les 1000 signatures d’appuis nécessaires.

Mais cette fois-ci, il compte bien aller jusqu’au bout du processus. «Je n’ai pas la force d’une organisation politique déjà établie, je ne suis pas un député déjà établi, ni une personnalité connue. Mais il y a des gens qui ont envie de voir un militant de la base aller plus loin», soutient-il.

Seul à diriger sa campagne, sa plate-forme compte quatre idées. «Ça ne sert à rien d’avoir une brique d’idées», dit-il. Le plafonnement du salaire des députés du Bloc au même niveau que celui des députés de l’Assemblée nationale fait partie de ses propositions. La différence entre les deux sommes serait investie dans un fonds pour l’indépendance nationale qui travaillerait à «augmenter le sentiment et la fierté nationale».

Quelques militants au parti l’appuieraient actuellement, selon lui, en plus d’un appui moral de «membres influents» de la Société Saint-Jean-Baptiste, mais la majorité de ses encouragements proviennent de son entourage. «Surtout des gens sur les réseaux sociaux, des amis proches, des personnes que je n’ai pas vues depuis longtemps et qui sont prêtes à m’aider», précise le candidat, qui a actuellement 57 partisans sur sa page Facebook.

Jerry Beaudoin, président pour le Bloc québécois dans la circonscription d’Hochelaga-Maisonneuve et président régional pour la région de Montréal, croit que la candidature de M. Sylvain Guay a pour simple but de «pousser une ou des idées qui [lui] tiennent à cœur]» comme d’autres candidats le font quelques fois.

«Ils veulent les pousser, en sachant très bien qu’ils ne gagneront pas. C’est le cas probablement de M. Sylvain Guay. Tout ce que je peux vous dire, c’est que je ne connais personne qui a été approché par ce candidat. Normalement, quand tu te présentes, tu essaies d’approcher des gens en poste», souligne M. Beaudoin. Il ajoute que bien qu’il connaisse très bien les militants de la région, à sa connaissance, aucun ne lui aurait donné son appui.

Selon l’employé du Bloc, son implication est louable et ne peut qu’être saluée. «Mais je ne présume pas nécessaire qu’il va être chef au lendemain de l’élection», précise-t-il.

Jean Claude Sylvain Guay est toutefois conscient des difficultés qui l’attendent. «Quelqu’un m’a déjà demandé si j’avais des chances de gagner. Honnêtement, j’ai dit non. Mais je vais aller jusqu’au bout. Il m’a répondu que j’étais courageux et m’a serré la main», raconte le candidat.

Le Bureau national du Bloc québécois doit se réunir le 11 janvier pour déterminer les modalités de la course à la succession de Daniel Paillé. Le vote est actuellement prévu lors du congrès du Bloc à Rimouski, du 23 au 25 mai.

Date du vote en doute
Les rumeurs courent au sein du Bloc québécois concernant un report de l’élection du prochain chef, afin de maintenir les forces militantes indépendantistes unies, en cas d’élections au Québec. La période du printemps 2015 aurait été évoquée.

M. Beaudoin doute que cette date puisse être bénéfique au parti et aux militants. Il explique aussi qu’une idée persistante circule à savoir que les prochaines élections fédérales, actuellement prévues en octobre 2015, seront probablement devancées par les conservateurs au printemps 2015. En cause : deux ou trois autres provinces seront également en élections en octobre 2015. Les conservateurs n’auraient pas nié cette idée, selon M. Beaudoin.

«Ce n’est pas crédible de vouloir choisir un chef au printemps 2015, parce qu’on serait également en campagne fédérale», lance M. Beaudoin qui n’a pas non plus reçu d’appuis à cette idée de report de la part de la vingtaine de militants qu’il a sondés sur la question.