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Quatre facteurs qui expliquent la Dolanmania

Photo: Thibault Camus / The Associated Press

Depuis 48 heures, j’arrive difficilement à maintenir un niveau de productivité décent. Au lieu de travailler, j’ai attendu patiemment que les premières réactions au film de Dolan émergent sur Twitter. J’ai lu toutes les critiques. The Guardian. Variety. Libération. Les Inrocks. J’ai pesté en lisant celle-ci. J’ai constaté les salves d’éloges qui ont suivi la deuxième projection. J’ai bien sûr visionné la vidéo de la montée des marches. Puis celle de l’ovation de 12 minutes. Douze. Minutes.

Depuis 48 heures, surtout, je m’explique mal, comme plusieurs d’entre vous j’en suis certaine, mon obsession pour le succès de Xavier Dolan. Je suis une fan depuis toujours, bien sûr, mais j’ai l’habitude de garder mes distances face au chauvinisme qui nous rend tellement débiles devant le succès de l’un des nôtres, même quand on a absolument rien lu de Dany Laferrière ou qu’on n’est habituellement pas d’accord avec les positions de Mgr Ouellet.

Mais avec Xavier Dolan, c’est différent. C’est pas juste parce que c’est un p’tit gars de chez nous. C’est un mélange de plein d’affaires. Voici quelques esquisses d’explication de pourquoi je vire un peu folle sur Xavier Dolan en ce moment.

1. La belle jeunesse

Hier, je me suis permis un coup de gueule contre la «mentalité de vieux» à Radio-Canada. Ce n’est pas tant à l’âge des gens que je m’en prenais qu’à la mentalité qui fait prendre peu de risques à Radio-Canada, qui mise sur des valeurs sures comme Popa. On m’a dit que c’était le cas dans tous les médias, et si la distinction vient à mon sens du fait qu’il est dans le mandat d’un diffuseur national de faire les choses autrement, il est vrai que la culture du réchauffé sévit partout. Hier, en réponse à une question lui demandant de situer d’où devrait émaner le chauvinisme des gens, Xavier Dolan a esquivé en répondant que son succès «serait surtout un message d’espoir extraordinaire pour les gens de ma génération plutôt qu’une victoire pour un pays». De toute beauté, d’autant plus que c’est l’audace qui semble être célébrée dans le succès de Mommy.

2. Les bons films

Il y a de ces réalisateurs dont je vais voir les films avec toujours l’assurance que je serai nourrie d’une quelconque façon. Xavier Dolan fait partie de la courte liste. Et le fait que son talent soit reconnu me conforte dans mes propres goûts. C’est une raison en soi suffisante pour expliquer que mon cœur tilte alors que je n’ai même pas vu le film encore.

3. La beauté

On va se le dire : il est joli le Xavier. Il est beau à regarder aller, dans son petit costume bleu, avec son style impeccable et son visage sculptural. Il y a quelque chose de tout à fait hypnotisant à observer ce petit bout d’homme trimballer autant d’émotion et d’assurance à la fois sous les projecteurs du monde entier. Bon, rendu-là, je sais que je viens de perdre toute ma crédibilité à vos yeux, mais passons.

4. La revanche

Qu’il est doux de voir la «crise du cinéma québécois» s’étaler dans toute sa splendeur ainsi à Cannes. Qu’elles sont bonnes, ces douze minutes d’ovation à la gueule des Vincent Guzzo et autres critiques du dimanche qui détestent Xavier Dolan parce qu’il est «fendant».

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