La mère de la petite Victoria témoigne sur Facebook
«Hier, nous avons vécu le pire moment de notre vie. Un sentiment que personne ne veut et ne devrait vivre. L’impuissance face à cette situation était difficile à accepter. Nous devions être patients, chose qui n’est pas facile quand votre enfant est enlevé.»
Mélissa McMahon, mère du bambin qui a été enlevé lundi soir au Centre hospitalier régional de Trois-Rivières, puis retrouvé, s’est confiée sur sa page Facebook, mardi matin.
«Les pires scénarios tournent en boucle dans nos têtes. Malheureusement, les fins ne sont pas souvent heureuses, surtout dans ces cas-là. C’était difficile pour nous de penser positivement étant donné les circonstances. Tout le Québec nous a envoyé son appui et, trois heures plus tard, nous avons vécu le plus beau moment de notre vie. Je n’osais même pas imaginer une fin aussi parfaite.»
«De ne plus l’avoir dans mes bras après à peine 16 heures de vie était irréel.Tout s’est passé tellement vite, mais de l’avoir dans mes bras saine et sauf après seulement trois heures de recherches intenses était aussi irréel. Nous avons eu beaucoup de chance, mais c’est grâce à vous!»
Dans son message, elle remercie les policiers et enquêteurs à travers le Québec qui se sont mis au travail rapidement pour retrouver la petite Victoria.
«Ils ont fait un travail efficace et ont lancé l’alerte très rapidement. Hier, c’était une victoire pour nous, mais aussi pour vous. Votre travail a été exceptionnel et nous avons de la chance d’avoir un système aussi efficace pour nous aider dans une telle situation», écrit Mélissa Mc Mahon.
Elle remercie également le personnel et la direction de l’hôpital pour leur soutien, ainsi que la population du Québec qui s’est mobilisée sur les réseaux sociaux.
«Vous avez vécu cette terrible histoire avec nous. De plus, vous avez été très alertes, ce qui m’a rapidement fait réaliser, en moins d’une minute, que mon bébé m’avait été enlevé. J’ai couru vers la sortie de l’hôpital et encore là, de nombreux patients et visiteurs m’ont porté secours et nous ont transmis des informations rapidement sur la femme ainsi que sur son véhicule. Merci à ces gens, merci aux gardiens de sécurité qui ont rapidement agi et trouvé une photo avec l’aide des policiers. La photo a sauvé notre fille!»
«En moins d’une heure, la photo était partout. Vous avez été plusieurs milliers de personnes à partager la photo de cette femme sur les réseaux sociaux et ce, sans relâche. Sachez que c’est ce qui l’a sauvée, notre petite Victoria. Chaque clic, chaque partage a fait la différence. Quatre merveilleuses personnes, que nous avons eu la chance de rencontrer, ont identifié cette femme grâce à Facebook. C’est la seule raison qui explique pourquoi Victoria est dans mes bras en ce moment.»
«La petite Victoria porte bien son nom pour cette victoire. Donner la vie à notre enfant est un moment incroyable, mais retrouver notre enfant sain et sauf est un sentiment indescriptible», conclut-elle.
L’enquête se poursuit
Les agents de la Sûreté du Québec poursuivent leur enquête concernant l’enlèvement d’une petite fillette âgée d’un journée à peine, lundi, au Centre hospitalier régional de Trois-Rivières.
Les agents ont notamment fouillé la résidence de la suspecte.
«Les agents ont plusieurs personnes à rencontrer. En ce moment, la suspecte de 21 ans est gardée détenue à l’hôpital. Dès que son état le permettra, elle comparaîtra au palais de justice», a indiqué Hugo Fournier, porte-parole de la SQ Mauricie/Centre-du-Québec.
Les autorités de l’hôpital seront également rencontrées par la SQ. M. Fournier souligne la «bonne collaboration» entre les hautes instances de l’hôpital et la SQ.
Rappelons que le bébé a été retrouvé en pleine santé un peu plus de trois heures après le signalement de l’enlèvement.
Le syndicat des infirmières réagit
La présidente du Syndicat des infirmières, inhalothérapeutes, infirmières auxiliaires du Cœur-du-Québec, Andrée Guillemette, ne met pas en cause le manque de sécurité pour expliquer qu’un bébé ait été enlevé, lundi soir, au Centre hospitalier régional de Trois-Rivières.
«Il y a eu un problème au niveau de la sécurité, mais je ne pense pas qu’on puisse parler d’un manque, affirme-t-elle. Il y a tellement de gens qui circulent dans l’hôpital. C’est plausible qu’un membre du personnel puisse entrer dans la chambre pour peser un bébé. Il n’y a plus de pouponnière et les bébés sont avec leurs parents.»
«Par ailleurs, il y a tellement de roulement au sein du personnel qu’il est normal de ne pas connaître tout le monde. De plus, à l’heure à laquelle l’incident est arrivé, plusieurs employés devaient souper. On voit qu’il y a une lacune et il faudrait voir comment éviter que cela ne se reproduise», note-t-elle.
«Quand j’ai entendu parler de cet événement, je n’y croyais pas. Je n’avais jamais vu ça, mais je sais que ça s’est déjà produit ailleurs, notamment en Ontario», ajoute Mme Guillemette.
Elle explique d’ailleurs qu’en Ontario, un système a été instauré afin que cela ne se produise plus: les bébés portent un bracelet muni d’une puce. Lorsque les bébés franchissent un certain point dans l’hôpital, ça sonne, de sorte qu’il est très difficile de passer inaperçu.
On ignore si un tel système est implanté ailleurs au Québec.