L’ajout de nouvelles places en CPE compromis
Cinquante-deux projets devant développer 2500 places en garderie à Montréal risquent de mourir de leur belle mort, a dénoncé jeudi l’Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE).
L’AQCPE était de passage à Montréal dans le cadre de sa Tournée des promesses brisées entamée il y a presque deux semaines à travers le Québec. C’est la réforme du financement des installations des CPE, annoncée à la mi-novembre par la ministre Francine Charbonneau, qui aurait forcé les établissements à mettre leurs projets sur la glace. Les CPE devront désormais financer à 50% les projets d’agrandissement ou d’ajout de bâtiment visant à accueillir plus d’enfants, alors qu’ils étaient auparavant payés par les fonds publics.
«Le gouvernement sait très bien que les CPE ne possèdent pas les fonds nécessaires, a déploré André Marcotte, président du Regroupement des CPE de l’Île-de-Montréal. Ce sont des projets qui avaient été acceptés par le ministère de la Famille sur la base de leur qualité et de leur faisabilité, dont plusieurs étaient déjà allés en appel d’offres et avaient déjà fait l’objet d’un investissement, qui sont présentement bloqués.»
Selon les dirigeantes de CPE qui étaient présentes, ces nouvelles places seraient nécessaires pour répondre à des besoins criants. «Ça fait depuis 2009 qu’on travaille à développer une troisième installation», a raconté Lise Bélisle, directrice générale du CPE Populaire Saint-Michel.
En collaboration avec des organismes communautaires, Mme Bélisle voulait ouvrir un établissement offrant la garde à temps partiel et intégrant des enfants à besoins particuliers. Tout ça pour répondre aux besoins du milieu défavorisé, multiethnique à 80% et avec de nombreuses familles monoparentales. «On a travaillé plus de 2000 heures sur le projet, on était sur le point de signer et c’est cette journée-là qu’est tombé le fameux 50%», s’est-elle désolée.
Une histoire semblable a été racontée par Johanne Parent, directrice générale du CPE Sainte-Justine, qui a longuement cherché un lieu pour se poser et accueillir des enfants avec des difficultés marquées après avoir été évincé des murs du centre hospitalier. Elle se heurte aujourd’hui à des demandes financières difficile à surmonter, alors que plus de 2000 enfants du quartier se trouvent sur sa liste d’attente. «Colère, incompréhension, déception, ce sont quelques-uns des sentiments que je vis en pensant au réseau des CPE et à leur avenir», a déclaré Mme Parent.
Les députés Carole Poirier, du Parti québécois, et Françoise David, de Québec solidaire, étaient présentes à la conférence de presse de l’AQCPE pour dénoncer la «remise en questions d’un pan du modèle québécois» et affirmer leur volonté de défendre les CPE.
Pour protester contre la hausse de la tarification et le frein au développement des places en garderies, l’Association québécoise des centres de la petite enfance appelle les citoyens à se rassembler pour le Noël des promesses brisées du 15 au 19 décembre, de 16h à 18h, devant les bureaux montréalais des députés libéraux Geoffrey Kelley, David Heurtel, Jacques Daoust et Gerry Sklanouvos. Les gens sont encouragés à renouveler l’expérience tous les lundis de 16h à 18h à compter du 5 janvier.