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Les militants du PQ exaspérés par la mécanique référendaire

Photo: La Presse Canadienne

Les militants du Parti québécois (PQ) sont exaspérés de parler de la date du référendum et souhaitent maintenant élaborer concrètement le projet de pays dont ils n’ont que peu de détails.

C’est le résultat d’une consultation réalisée à la suite de la dernière élection auprès de milliers de membres du parti, et dont les conclusions ont été présentées samedi lors du conseil national du PQ à Laval, qui rassemblait 450 délégués.

«On a senti une exaspération nette face au débat qui entoure la mécanique référendaire, a rapporté Louis Germain, vice-président de la commission politique du PQ au sujet des résultats de cette consultation. Les gens sont tannés d’entendre parler de la date du référendum, ils veulent que le parti commence à élaborer le projet de pays.»

Selon ces résultats, les militants se sentent également démunis face aux questions des détracteurs de l’indépendance, ne sachant plus quoi répondre pour expliquer les avantages et l’utilité de leur projet de pays. «On déplore, chez les militants, l’absence d’un argumentaire pour l’indépendance, quelque chose qui est actualisé, simple, qui peut se communiquer à la population qu’on rencontre tous les jours», a ajouté Alexandre Thériault-Marois, président de la commission politique.

Pendant le conseil national, les militants ont ensuite rejeté avec une forte majorité une proposition qui découlait de cette consultation. Elle visait à réaffirmer l’objectif du PQ de réaliser l’indépendance du Québec à la suite d’une consultation populaire «au moment jugé opportun par le gouvernement», en référence à l’article 1.1 du programme du parti.

Prenant la parole le premier, Léo Bureau-Blouin, président des jeunes du PQ, a invité l’assemblée à rejeter cette proposition, dénonçant le flou du segment «au moment jugé opportun par le gouvernement». «Il ne faut pas qu’on sorte d’ici et que les gens pensent encore qu’on est dans le flou», a poursuivi un jeune militant. «C’est tout sauf une démarche claire», a fait valoir un autre.

«Les militants souhaitent qu’on arrête de parler de la mécanique» – Stéphane Bédard, chef intérimaire du Parti québécois

Mais d’autres militants ont craint le message que ce vote pouvait envoyer. «Renier [cette proposition], c’est renier notre article premier», a alerté un militant.

Dimanche, Raymond Archambault, président du parti, s’est défendu en affirmant que ce paragraphe n’aurait pas dû se retrouver dans la proposition. «C’était une erreur de laisser ça là et les militants, quand ils s’en sont rendu compte, ont voulu faire une mise en dépôt, mais ce n’est pas possible», a affirmé le président devant les journalistes.

«Il faut être plus clair, a toutefois reconnu M. Archambault, en entrevue avec Métro. Mais le programme du parti impose, avant une élection, de clarifier la position du parti sur la façon dont on va vivre avec l’article 1. C’est peut-être ce qui nous manquait [à l’élection de] 2014», a-t-il avoué.

Les membres du PQ ont effectivement noté, dans la consultation menée auprès d’eux, «la faiblesse du discours [du PQ] sur la souveraineté lors de la campagne électorale, le message non-contrôlé, la mauvaise communication sur le sujet».

En réaction à ces débats qui, dit-il, ont été une «bougie d’allumage» pour le parti, le président assure qu’il leur faut refaire leur travail. «Refaire nos études sur la souveraineté, refaire nos chiffres, refaire l’exercice d’analyse d’un Québec souverain dont les dernières datent d’il y a 10 ans», confie-t-il reconnaissant le besoin de construire le «projet de pays». Il compte mettre sur pied des comités de travail pour ce faire.

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