Gouvernance scolaire: la communauté anglophone veut conserver les élections scolaires
Les élections scolaires doivent être maintenues au sein des commissions scolaires anglophones, prône le rapport d’un comité de travail présidé par l’ancienne députée Marlene Jennings qui a été rendu public mercredi. Des mesures doivent toutefois être mises en place pour accroître le taux de participation.
«Le système actuel de commission scolaire avec des commissaires élus au suffrage universel par des membres de la communauté minoritaire anglophone au Québec, c’est la meilleure option pour s’assurer du respect de nos droits constitutionnels», a rapporté mercredi Marlene Jennings, qui a présidé le Comité d’études des systèmes électoraux. Celui-ci a été mis sur pied au mois de juin à l’initiative de l’Association des commissions scolaires anglophones du Québec, le Quebec Community Groups Network, l’Association des comités de parents anglophones et la Fédération québécoise des associations foyers-écoles afin des trouver des solutions pour faire en sorte que la communauté anglophone soit en charge de la gestion des commissions scolaires anglophones, comme le prescrit la Constitution canadienne.
Si le comité de travail préconise le statu quo sur la structure des commissions scolaires, il indique aussi que des mesures doivent être mises en place pour rehausser le taux de participation, qui s’élevait à 4,85% au sein des commissions scolaires anglophones lors du scrutin de 2014. Il suggère entre autres d’instaurer le vote par voie électronique, postale ou téléphonique.
«Le mode de scrutin est archaïque, surtout lorsqu’on constate que la grande majorité des membres de la communauté anglophone minoritaire sont dans des régions éloignées, a dit Mme Jennings. Ça impose à beaucoup d’électeurs anglophones de voyager jusqu’à deux heures et plus pour aller à leur bureau de scrutin.»
Un ménage doit aussi être fait dans les listes électorales, d’après le comité de travail.
«Il y a beaucoup de membres de la communauté anglophone minoritaire qui sont automatiquement inscrits sur la liste électorale de la commission scolaire francophone où ils résident, ce qui bafoue leurs droits constitutionnels», a dit Marlene Jennings. Elle suggère que ceux qui ont fréquenté une école anglophone ou ceux dont les enfants ont, par le passé, étudié dans ces établissements scolaires puissent voter aux élections scolaires des commissions scolaires anglophones.
Le ministre de l’Éducation, François Blais, a manifesté au printemps dernier son intention d’abolir les élections scolaires en raison de leur coût et du faible taux de participation. À la place, il veut mettre en place des conseils scolaires où des sièges seraient réservés à des parents. Le comité de travail de la communauté anglophones propose d’ailleurs que davantage de sièges soient attribués aux parents.
«On partage certains grands principes avec les conclusions du rapport, notamment l’importance de protéger les droits protégés par la constitution et la nécessité d’avoir plus de place pour les parents dans l’administration», a dit l’attachée de presse du ministre Blais, Julie White.
Puisque l’intention du gouvernement de mettre fin aux élections scolaires est ferme, le ministre aurait aimé que la communauté anglophone réfléchissent aux services aux élèves, aux projets pédagogiques et l’autonomie des écoles.
Le projet de loi sur la nouvelle gouvernance scolaire sera déposé cet automne à l’assemblée nationale.