L’État doit subventionner les médias d’information, dit la CSN
Pour faire face à la crise dans laquelle ils sont plongés, les médias de presse écrite québécoise doivent bénéficier d’un soutien financier de la part du gouvernement, soutient la Confédération des syndicats nationaux (CSN).
Selon une étude réalisée par la firme MCE Conseils pour le compte de la CSN, le gouvernement du Québec devrait entre autres offrir des crédits d’impôt à hauteur de 25% sur la main-d’œuvre des médias d’information. Des mesures semblables sont accordées à l’industrie du jeu vidéo et en production télévisuelle, fait savoir le syndicat. Les pays européens subventionnent d’ailleurs les médias depuis des années, rajoute la présidente de la Fédération nationale des communications de la CSN, Pascale St-Onge.
Le directeur général de MCE, Claude Dorion fait valoir que le secteur a perdu le tiers de ses emplois en cinq ans, et que la migration vers le web a fait que les ménages québécois ne consacraient, en 2014, que 15$ par année à l’achat de journaux, alors que ce montant atteignait 41$ en 2010.
«C’est un témoignage du caractère sévère de la crise qui touche les médias d’information», a commenté Claude Dorion.
En outre des crédits d’impôt, le rapport suggère à l’État de subventionner l’innovation technologique dans la presse écrite et d’inclure les médias d’information dans le plan culturel numérique de Québec. Ces mesures coûteraient au bas mot 18 M$ au gouvernement, mais génèreraient quelque 115 M$ en revenus de toutes sortes pour l’État sous forme de taxes et impôts.
Pour le président de la CSN, Jacques Létourneau, la situation financière précaire de la presse écrite est inquiétante. «Une société saine et démocratique doit nous permettre d’avoir accès à une information de qualité, a-t-il déclaré. Il y a là une tendance inquiétante en termes de droit et de démocratie.» Ce sont des journalistes qui ont mis la lumière sur des scandales importants, dont la collusion dans le monde de la construction et les agressions sexuelles sur des femmes autochtones à Val-d’Or, a-t-il illustré.
Plus de détails à suivre.