Un partenariat Montréal-fédéral pour acheter des condos vacants?
Montréal aimerait bien voir un partenariat semblable à celui conclut entre le gouvernement fédéral et la Colombie-Britannique pour acheter des condos vacants à Vancouver et les remettre sur le marché. La mairesse Soraya Martinez Ferrada cherche déjà comment transplanter cette entente dans la métropole.
Le premier ministre Mark Carney s’est récemment entendu avec son homologue de la Colombie-Britannique pour investir 1,45 G$ en subventions et en prêts pour l’achat de condos neufs vacants à Vancouver. La ville de la côte ouest – le marché le plus cher du Canada – compte des milliers de condos neufs qui peinent à trouver preneur parce que le coût demandé demeure trop cher (souvent plus de 1 M$).
Les détails du programme n’ont pas été dévoilés, mais le gouvernement souhaite adopter un modèle de location avec option d’achat. Ainsi, le programme permettrait de désengorger le marché locatif tout en améliorant les perspectives d’accès à la propriété.
Questionnée à ce sujet vendredi, la mairesse Soraya Martinez Ferrada s’est montrée très intéressée à appliquer ce modèle à Montréal.
«On est déjà en train de regarder ça. Ça faisait déjà partie des discussions qu’on avait [au sein d’Ensemble Montréal] quand on présentait notre plateforme», a-t-elle dit en marge d’un point de presse sur la rénovation de logements à la Société d’habitation de Montréal (SHDM).
Beaucoup de logements vacants trop chers
Montréal ne vit pas le même problème de coûts et de vacances que Vancouver, mais le phénomène est aussi observable ici. Selon les dernières données de l’APCIQ, le nombre de condos actuellement en vente dans le Grand Montréal a rejoint les niveaux prépandémiques. Ceci n’a toutefois pas encore eu d’effet majeur sur les prix: ils sont toujours presque deux fois plus élevés qu’en 2019.
Du côté locatif, l’Observatoire du Grand Montréal note que seulement les unités les plus chers ont un taux d’inoccupation qui dépasse le seuil d’équilibre (4,4%). Les logements plus «abordables» sont toujours sous pression. L’augmentation fulgurante des loyers dans les catégories les plus faibles hausse encore davantage le seuil d’accès à un logement.
«Il y a énormément de logements vacants dans les 4e et 5e percentiles, donc il faut travailler aussi avec le secteur privé pour voir s’il y a un intérêt», souligne la mairesse. «Et peut-être même voir si nous, on peut devenir locataires de ces logements-là pour les rendre abordables et augmenter notre banque de logements abordables à Montréal.»
Un programme critiqué
L’entente entre le fédéral et la Colombie-Britannique a suscité son lot de critiques. Plusieurs acteurs du monde politique l’ont qualifié de «plan de sauvetage» pour des promoteurs immobilier qui ont investi dans des condos luxueux que personne ne peut se payer.
Si le gouvernement paie les condos au plein prix, la mesure pourrait même participer à maintenir le prix médian à un niveau artificiellement élevé.
L’ensemble des détails seront dévoilés ultérieurement. Le premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, a toutefois indiqué vendredi que les acquisitions se feront sous le coût de construction de l’unité.