Santé
03:30 28 octobre 2019

Adieu déchets!

Adieu déchets!
Photo: MétroL’objectif du zéro déchet est de réduire notre production d’ordures, pas d’entrer en compétition.

Mélissa de La Fontaine a écrit le livre Tendre vers le zéro déchet. Elle est consultante et conférencière et se passionne pour la survie de notre planète. Entretien carboneutre.

Mélissa de La Fontaine a adopté un mode de vie zéro déchet en 2013. Depuis ce jour, elle n’a qu’un objectif : partager avec nous ses trucs, ses connaissances et ses solutions concrètes pour éliminer le plus simplement possible les détritus qui encombrent et polluent notre vie. 

Mélissa, comment démarrer un projet zéro déchet de manière douce à la maison?

En fait, il faut penser à cette initiative en faisant des changements de façon graduelle, sur plusieurs années. Si on veut tout changer rapidement et de manière radicale, c’est prouvé, on abandonne après deux semaines. C’est un peu comme avec un programme d’entraînement physique; il faut l’intégrer doucement à notre routine. Personnellement, lorsque j’ai fait la transition il y a six ans, j’ai eu comme une bulle au cerveau et j’ai décidé de changer mon mode de vie. Pas du jour au lendemain, mais bien en 18 mois! Il faut dire que j’étais célibataire et sans enfant; cela facilite la transition. En réalité, pour une famille, arriver à ne jeter qu’un sac de déchets par an peut prendre jusqu’à 10 ans! Lentement, mais sûrement, c’est la clé. 

Donc, on commence par où, par quoi?

Chaque personne, chaque couple, chaque famille a sa propre dynamique, son modus operandi. Il n’y a pas de recette miracle, mais pour vous aider à établir une stratégie gagnante, il y a trois facteurs à respecter: votre mode de vie, vos limites personnelles et votre rythme. Je vous donne un exemple de limite personnelle: j’ai un chat et un oiseau que j’adore, et qui naturellement produisent des déchets. Mais pas question de m’en départir. Voilà une de mes limites. On en a toutes et tous. C’est pourquoi je propose de changer une habitude à la fois. On peut commencer par acheter en vrac, par exemple, et lorsqu’on a bien intégré cette routine, on passe à une autre étape, et ainsi de suite.  

«Il s’agit de déterminer ce qui compte vraiment et ce qui n’est pas indispensable.»


Mélissa de La Fontaine, consultante et conférencière

Que répondez-vous aux gens qui affirment que tendre vers le zéro déchet coûte cher, demande trop de temps et d’énergie?

C’est vrai que ça peut donner cette impression au départ, mais si on pense à long terme et si on s’ajuste progressivement, on arrive à la conclusion que ça ne coûte pas plus cher puisqu’on consomme moins et mieux: on achète usagé, en vrac, on réutilise, on récupère et on jette moins. Acheter en vrac, bio ou local peut coûter un petit peu plus cher, c’est vrai, mais si on pense à la quantité de nourriture jetée et gaspillée chaque année parce qu’on veut économiser en achetant en gros chez Costco, on en vient vite à la conclusion qu’acheter mieux et moins, c’est bon pour nous, pour notre budget et pour la planète.

À quoi peut-on s’attendre si on assiste à une de vos conférences?

Mon objectif est de rendre accessible le mode de vie zéro déchet en encourageant mes interlocuteurs à agir à leur façon et à leur rythme. Je ne suis pas prêchi-prêcha, je partage ma propre expérience du vivre mieux avec moins. Beaucoup moins. Je raconte des anecdotes personnelles, je parle aussi des échecs qui jalonnent ce parcours, des défis auxquels on doit faire face. Et je partage avec bonheur l’immense satisfaction qu’on éprouve à contribuer concrètement à cette inévitable transition vers un mode de vie plus respectueux de l’environnement, de la vie et de nos valeurs.