Culture

Voyage branché à Liverpool

Photo: Philippe Bossé/Max Films

Sur les airs de la chanson de Renée Martel, Liverpool, de Manon Briand, emporte l’ex-star-académicienne Stéphanie Lapointe dans une odyssée qui la dépasse.

«Je ne sais pas comment décrire le film», avoue sincèrement Stéphanie Lapointe, qui a déjà flirté avec le cinéma dans Aurore et La peur de l’eau, et qui trouve ici son plus important rôle en carrière.

Plus qu’un tube en puissance ou la ville natale des Beatles, Liverpool mélange les styles comme pouvait le faire Alfred Hitchcock ou Jean-Luc Godard, passant du suspense à la comédie, du drame politique à la romance dans sa façon de plonger une pauvre jeune fille naïve dans des aventures dangereuses.

«C’est comme ça, la vie, c’est plein de choses différentes, déclare la cinéaste Manon Briand. Je n’aime pas m’enfermer dans un genre. Personnellement, je trouve ça plus divertissant de tout goûter. Ça fait rire, ça fait pleurer un peu, et on peut quand même parler de choses difficiles, mais de façon légère.»

Le chemin était ardu depuis le précédent long métrage de la metteure en scène, La turbulence des fluides, sorti en 2002. Il y a eu de nombreux scénarios qui sont morts dans l’œuf, jugés trop ambitieux ou pas assez commerciaux.

«J’ai écrit ce film dans un moment de petit désespoir, confie celle à qui l’on doit également 2 secondes. C’était urgent que je tourne un film.»

Le projet de Liverpool ayant finalement été accepté, il fallait le tourner le plus vite possible, surtout que le scénario traitait de nouvelles technologies comme Facebook et Twitter. «Ça évolue si rapidement, reconnaît son auteure. Quand je l’ai écrit, il y a trois ans, je me trouvais dans l’air du temps… En même temps, il y a quelque chose d’intemporel, à savoir les relations humaines, la tentative de s’aimer dans un monde hostile, les gros riches versus les petits, la force du nombre et la solidarité sociale.»

Brûlant d’actualité

Sans dévoiler la conclusion de Liverpool, on peut dire que le film s’inscrit de façon prophétique dans l’actualité québécoise, à la grande surprise de ses artisans. «Il y a un an et demi, quand on lisait le scénario, on ne savait pas si ça se pouvait, 200 000 personnes dans le parc grâce à Facebook, se rappelle Stéphanie Lapointe. Il n’y avait pas eu de Printemps arabe, de crise étudiante. On dirait pourtant que le film a été écrit il y a trois semaines. Quand je sortais dans la rue et que je voyais les jeunes avec des carrés rouges et le port qui était occupé, je me disais que c’était notre film!»

«J’avais écrit ça un peu comme un fantasme, en me disant que les réseaux sociaux devaient servir à quelque chose de plus grand et de plus noble qu’à juste faire des flash mob ou des trucs sur Michael Jackson», conclut en souriant la réalisatrice et scénariste Manon Briand, fière de son coup.

Liverpool
En salle dès vendredi

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