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The Odd Life of Timothy Green : le côté sensible de Joel Edgerton

Photo: Walt Disney Pictures

La vedette de Warrior Joel Edgerton se montre sous un jour sensible dans The Odd Life of Timothy Green. Il nous parle de ce rôle et  de son film à venir, The Great Gatsby.

Le public d’Amérique du Nord est encore en train de se familiariser avec vous, mais ce rôle est assez différent de ce dont vous avez l’habitude. Comment avez-vous vécu cette expérience?

C’est presque plus facile, en quelque sorte. Un personnage comme Jim est plus proche de ce que je suis que celui de Warrior. Dans un film comme The Odd Life of Timothy Green (La drôle de vie de Timothy Green), soit vous avez vécu les mêmes expériences que votre personnage, soit vous devez modifier ce que vous avez vécu ou inventer. Je m’identifiais beaucoup à ce personnage. Jouer dans Warrior, c’était comme réussir un tour de passe-passe… Ce que je trouve difficile, c’est cet aspect cool. C’est beaucoup plus facile de s’appuyer sur la violence et l’agression, ces émotions très «mâles», mais c’est plus intéressant de chercher à trouver une sensibilité dans le jeu, quelque chose de plus doux, vous voyez? J’aime voir des hommes vulnérables à l’écran. Je pense vraiment que trouver ces côtés plus sensibles est beaucoup plus brave que ce que croient certains hommes. J’ai toujours ri des acteurs qui jouaient les durs, parce qu’au fond de moi, je sais que nous, les hommes, ne sommes pas réellement une tribu de durs. La majorité d’entre nous a les mains douces, et nous espérons secrètement que personne n’essaiera de commencer une bagarre avec nous. Mais dans les films, nous faisons saillir nos muscles et avons l’air super cool. Ce que nous ne sommes pas vraiment. C’est de la poudre aux yeux.

Votre personnage dans Timothy Green semble sorti d’un film de Frank Capra…
Je l’espère! Je crois que, quand on est acteur, on se demande souvent si on est crédible dans le rôle d’un homme de tous les jours, ce genre de personnage à qui on ne souhaite que du bien. C’est difficile pour moi de parler ainsi de moi-même, mais je peux absolument voir cet aspect dans le personnage de Jennifer Garner, ma femme dans le film. Quand je la vois à l’écran, je lui souhaite le meilleur. Je me sens interpellé par son côté ordinaire. J’espère vraiment avoir la capacité de transmettre cela à l’écran, moi aussi, parce qu’il y a beaucoup d’histoires merveilleuses auxquelles on peut participer quand on est capable de s’attirer la sympathie du public. Et en même temps, j’espère que ce n’est qu’une facette de ce que je peux accomplir, parce que j’aimerais jouer un méchant. J’espère que Tom Buchanan [le personnage qu’il jouera dans le film The Great Gatsby] sera un homme que les gens adoreront détester.

Parlant de The Great Gatsby, vous avez décrit la 3D dans ce film comme «légère». Pouvez-vous élaborer un peu?
Je ne sais pas, ils l’ont calibrée de différentes façons. Je crois qu’ils ont la capacité de contrôler à quel point la 3D va ressembler ou non aux images qui sortent d’un livre. Je me souviens que Baz Luhrmann a montré 15 minutes d’extraits du film, et j’ai oublié que je portais des lunettes. Je captais encore l’effet 3D, mais je crois que j’ai simplement arrêté de penser à la technologie. Il y a un sentiment merveilleux qui vient avec la 3D quand elle est bien faite. Ça vous invite dans le drame et vous aide à participer davantage. Je pense que ça donne l’impression d’être invité à une des fêtes de Gatsby plutôt que d’en regarder une de l’extérieur.

Êtes-vous retourné voir la performance de Bruce Dern dans la version de The Great Gatsby de 1974?
Il est mieux de toujours éviter ceux qui sont venus avant vous, à moins que vous ayez besoin d’aller les voir pour savoir de quelle façon offrir une interprétation différente.

Nous savons que vous n’êtes pas autorisé à parler du film de Kathryn Bigelow sur Oussama ben Laden, Zero Dark Thirty. Ce niveau de confidentialité pourrait-il devenir une mode à Hollywood?
Je crois que, dans ce cas, c’est dû à la nature du sujet, et je ne pense pas que j’aurai jamais à être aussi prudent à propos de ce que je dis que pour ce projet-là. J’ai ma propre politique au sujet de la confidentialité, ma propre compréhension des politiques des autres et mes propres tendances… Ça m’a souvent irrité quand j’ai eu l’impression que certains acteurs utilisaient leur rôle comme une tribune sur certains sujets. Je ne veux pas nécessairement m’entendre donner mon opinion aux gens sur ce qui se passe dans le monde et en politique, d’abord parce que je ne suis pas qualifié pour le faire, ensuite parce que je risquerais d’avoir l’air stupide, inculte et pas très articulé!

«Allez voir le film!»
Jennifer Garner ne veut pas avoir l’air trop alarmiste mais, si le public ne va pas voir son dernier film, The Odd Life of Timothy Green, ça pourrait très bien être la fin des petits drames indépendants tels qu’on les connaît.

«J’ai un besoin presque évangélique de faire voir ce film aux gens, parce que des histoires originales, ça n’existe presque plus. En voilà une, et si personne ne va la voir au cinéma, alors aussi bien ne tourner que des films qu’on mettra directement sur Netflix, prévient-elle. On ne peut pas aller au cinéma seulement pour voir des films comme Avengers.»

Bien sûr, Garner ne veut pas dire qu’elle est contre l’idée des films tournés pour le service de diffusion vidéo sur l’internet. Elle a d’ailleurs fait une apparition dans le projet web de Rodrigo Garcia, Wigs. «Si j’aime quelque chose, je me fiche pas mal du médium utilisé, affirme-t-elle. J’aime l’écriture, tout simplement. Je ne suis pas snob à ce sujet.»

Pour voir la bande-annonce de The Odd Life of Timothy Green
En salle dès vendredi

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