Culture
10:13 1 mai 2018 | mise à jour le: 1 mai 2018 à 10:18 temps de lecture: 4 minutes

Syml: La beauté des chansons tristes

Syml: La beauté des chansons tristes
Photo: Collaboration spéciale

Brian Fennell est l’homme derrière Syml (qui se prononce simmel et qui signifie «simple» en gallois), un projet solo de musique «très indie» qui, à la première écoute, peut sembler très… triste.

Il suffit de se promener un peu dans la section des commentaires sous les vidéos de Syml publiées sur YouTube pour lire des choses comme «ça m’a assommé», «j’ai pleuré tout le long», «un mélange de tristesse intense et de détresse extrême».

Mais pourtant, le chanteur ne voit pas du tout sa musique de cet œil (ou ne l’entend pas de cette oreille, en fait).

«Je pense que la raison derrière tout ça, c’est que j’écris intentionnellement mes chansons, tant les paroles que la musique, pour m’émouvoir. Et si ce n’est pas super heureux, avec de la musique et des paroles joyeuses, tout peut paraître un peu triste», explique-t-il.

Il faut dire qu’il n’est pas du genre à écrire des chansons «hop la vie» en général.

«Je parle souvent d’émotions, de sentiments, de ce que c’est que d’être un être humain. Et une grande partie de ça, ce n’est pas super heureux tout le temps.» Pas faux, pas faux.

«J’adore l’intimité en musique. Ça peut t’aider à vraiment ressentir ce que tu as besoin de ressentir.» – Syml

Ce qui fait en sorte que les gens reviennent écouter sa musique, malgré ses airs mélancoliques, c’est qu’elle est tout de même rassembleuse.

«Ce qui nous unit tous, c’est qu’on se sent tous seuls parfois, isolés, incompris ou effrayés, tous ces sentiments dont on n’aime pas parler parce que ça nous fait sentir faible. Je pense qu’il y a beaucoup de beauté et de pouvoir à accepter ces émotions et à les partager.»

Qu’est-ce qui a amené Brian Fennell, qui chantait aussi pour le groupe Barcelona, à écrire des chansons aussi sentimentales? L’expérience, tout simplement. «J’ai été dans un groupe pendant plusieurs années et j’ai fait des spectacles et des tournées. J’ai donc pris toute cette expérience et toute mon expérience en dehors de la musique [il s’est marié et a eu des enfants], puis je me suis rendu compte que j’avais beaucoup de choses à écrire. Tout ça peut nous mettre dans un état d’esprit très émotif.»

Lorsqu’il couche ses émotions sur papier, Brian Fennell veut que le tout se fasse très naturellement, sans forcer quoi que ce soit.

«Selon moi, c’est très difficile, en tant qu’artiste, de se laisser aller complètement et d’accepter ce qui sort. Ça peut être très frustrant, parce que parfois, on fait ça et rien ne vient. Ou on se laisse aller et, en deux heures, on a une chanson que les gens vont entendre et dans laquelle ils vont se reconnaître.»

Lorsqu’une chanson est terminée, Syml ne passe pas des mois à revoir tous les détails. Et c’est là que son nom d’artiste prend tout son sens. «Ça revient au concept de la simplicité. Ce qui est arrivé est arrivé. Dans le meilleur des cas, c’est honnête. Lorsque j’écris de la musique à ma manière, c’est-à-dire pour que ça m’émeuve personnellement, ça rejoint les gens, en général.»

Mais se pose ensuite le défi de créer des chansons d’amour originales, différentes de ce qui a déjà été fait (et beaucoup a déjà été fait, admet-il).

Le secret de Brian Fennell pour se démarquer consiste à se détacher. «Des personnes bien meilleures que moi sont venues avant moi et il y en a d’autres bien meilleures que moi qui viendront après. Si on laisse cette idée dominer nos pensées, on ne va jamais créer. On doit se dire qu’on a la chance de connaître le langage de la musique et qu’on peut communiquer avec ça.»

Après, personne n’a la même vie que lui, la même histoire, le même chemin. «C’est à ces moments de toutes petites différences que je pense qu’écrire des chansons d’amour est possible, d’une façon nouvelle et différente à chaque fois.»

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