L'heure d'été: La transmission de l'héritage
C’est l’été. C’est la fête. Dans la campagne française, Frédéric, Jérémie et Adrienne, en compagnie de leurs enfants, célèbrent les 75 ans de leur mère, Hélène Berthier, qui a consacré sa vie à préserver l’Å“uvre de leur oncle, le peintre Paul Berthier.
Quelques mois plus tard, cependant, la disparition d’Hélène pousse les deux frères et la sÅ“ur à se confronter à leur passé, mais aussi à s’interroger sur l’héritage et la transmission.
Voilà ce qui a intéressé l’acteur Charles Berling dans le scénario du film L’heure d’été, réalisé par Olivier Assayas, et dont il partage la vedette avec Juliette Binoche et Jérémie Renier.
«J’ai aimé le sujet du film, qui porte sur la mé-moire familiale, les générations qui passent et l’attachement à la culture, affirme le comédien joint au téléphone en France. C’est aussi un film sur les Français avec, par exemple, le personnage du frère qui a fait le pari de partir travailler dans un pays émergent, la Chine, et celui de la sÅ“ur, qui vit aux États-Unis. Ils ne sont plus ancrés dans leur pays. Il y a un changement qui s’opère de ce côté en France et qui est montré dans le film.»
Contrairement à Jérémie et à Adrienne, le personnage campé par Charles Berling, Frédéric, tente de conserver l’esprit culturel et familial.
«Mon personnage, lui, a du mal à se couper de ses raci-nes, explique l’interprète de 51 ans. Il montre justement l’importance qu’on doit attribuer à ses racines et à savoir d’où l’on vient.»
De père en fils
En ce sens, Charles Berling ressemble un peu à son personnage.
Il a souvent parlé avec son fils de l’importance de la transmission de la mémoire entre les générations. Et, étrangement, à la demande du réalisateur, l’acteur s’est retrouvé dans L’heure d’été à jouer avec son fils, Émile Berling, et à jouer son père de surcroît!
«C’était la première fois que je travaillais avec mon fils, souligne celui qui partage son temps entre le théâtre, le cinéma et la télévision. Mais maintenant, il préfère ne pas tourner avec moi. Il veut exister sans son père. Peut-être plus tard on rejouera ensemble. Il est doué. Il a été plongé dans le milieu très jeune. Bébé, il était sur les plateaux de tournage et au théâtre. Ça l’a influencé parce que je n’ai jamais cherché à en faire un acteur. Il a commencé vers 14-15 ans. Il a maintenant 18 ans, et je dois le surveiller un peu. Je lui dis de passer son bac avant d’entreprendre une vraie carrière d’acteur!»
Réalisateur et réalisation
Le long métrage L’heure d’été marque la troisième collaboration entre Char-les Berling et Olivier Assayas. Ils ont travaillé ensemble dans Les destinées sentimentales et dans Demonlover, et leurs dernières retrouvailles ont enchanté l’acteur français.
«Olivier et moi, on s’est un peu retrouvés par ha-sard, concède Charles Berling. On n’est pas spécialement amis, alors L’heure d’été, ç’a été des retrouvailles pour nous deux et je m’en réjouis. J’aime travailler avec Assayas parce qu’il fait un cinéma qui avance, qui évolue. C’est un cinéaste précis, qui sait ce qu’il veut. Il est sensible à la forme. Il fait un cinéma ambitieux. C’est un artisan avec un langage inventif. Il a un univers agréable.»
Le comédien peut d’ailleurs comprendre davantage le travail d’Assayas parce qu’il est maintenant réalisateur lui-même.
Après avoir fait ses premières armes derrière la caméra avec un documentaire sur Gustave Eiffel, le nouveau cinéaste compte bien raconter d’autres histoires.
«Faire ce documentaire m’a vraiment donné le goût de réaliser d’autres films, déclare le nouveau passionné. J’avais déjà fait de la mise en scène au théâtre, mais là, ce que je veux faire, c’est réaliser des films!»
Ceux qui ont peur de voir Charles Berling quitter le devant de la caméra peuvent néanmoins se rassurer, puisque l’acteur continuera de jouer la comédie, tant au théâtre qu’au cinéma.
L’heure d’été
En salle aujourd’hui