Sting : Chanter sa saison préférée
Sting sort If On A Winter’s Night…, un album dédié à sa saison préférée, l’hiver. L’ex-leader de The Police y propose un voyage spirituel à travers des titres traditionnels. Rencontre avec ce grand de la musique.
Comment vous est venue l’idée de faire un album hivernal?
Ma maison de disques m’a demandé si je voulais faire un album de Noël. Ma réaction a été : «Beurk! Je n’aime pas Noël!» Mais ce qui m’a m’intéressé, c’est le vaste sujet qu’est l’hiver. Et c’est ma saison préférée. J’adore allumer un feu, m’asseoir dans le noir, m’envelopper dans une couverture et partir pour de longues marches. Je suis comme un enfant quand il neige. En fait,
la ville dans laquelle j’ai grandi (Newcastle) était plutôt gris et très industrielle, et la neige la
rendait magique.
Que représente l’hiver pour vous?
L’hiver est un peu sinistre, mystérieux, sombre, pas totalement joyeux. C’est une saison sombre, mais elle est aussi pratique. Nous avons tous besoin d’hiberner comme les ours, physiquement, mais aussi psychologiquement. Nous prenons ce temps pour réfléchir… Sans cela, nous ne pouvons pas entamer le printemps.
Vous ne vouliez pas faire un album de Noël parce que vous trouvez ce temps de l’année déprimant?
Beaucoup de gens trouvent Noël difficile. Dans un sens, cet album est pour eux. Tous gravitent autour de la famille à cette période de l’année. Et ceux qui n’en ont pas trouvent ça assez triste. Beaucoup de personnes se suicident à Noël. Cette autre facette de Noël fait un contrepoids au côté festif.
Comment avez-vous choisi les chansons pour cet album?
Par élimination. J’ai retiré Rudolph, Santa Claus! J’ai essayé plusieurs choses qui ont échoué. J’ai tenté un peu de Handel, mais ça n’a pas vraiment marché. Mais j’aime jouer du Schubert et du Purcell, ce sont de vrais défis pour moi. Dans l’ensemble, ce CD est inspiré de musique folklorique évoquant l’endroit d’où je viens. J’ai fait participer à l’album quelques musiciens de Newcastle, quelques musiciens traditionnels.
Vous faites beaucoup de musique classique depuis quelque temps. C’est une façon de vous renouveler?
Pour que le rock ne devienne pas redondant, il faut qu’il puise dans les musiques classique, folk et ethnique. Il a besoin de carburant. Il y a longtemps que je n’ai pas fait un album rock. Je ne veux pas me répéter.
Vous êtes une des plus grandes rock stars. Dites-moi comment on parvient à en devenir une?
Comment devenir une rock star? Je pense que la question serait plutôt : «Comment survivre en étant une rock star?»
Alors, comment avez-vous réussi à survivre?
En étant curieux de la vie en général et en essayant de ne pas être englouti par elle. Le plus grand artiste des 50 dernières années était Michael Jackson. Il avait réussi et il s’est pris au piège dans son petit monde, incapable de s’échapper sauf en mourant. C’est une tragédie énorme… Seul, désespéré… C’est triste.
Avez-vous des regrets quand vous faites le bilan de votre illustre carrière?
Je n’ai aucun regret. J’ai fait des erreurs, mais j’ai toujours appris de mes erreurs. Vous ne pouvez pas vivre sans casser des Å“ufs ou marcher sur les pieds des gens.
If On A Winter’s Night…
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