L’année 2012 a été «Beaucoup de bruit pour rien» selon Serge Postigo
Comment décrire l’année 2012 au Québec? Serge Postigo, lui, répond par le titre d’une comédie de Shakespeare : «Beaucoup de bruit pour rien!»
Le metteur en scène et script-éditeur, qui succède à Michèle Deslauriers, assure pour la première fois la mise en scène de la revue de l’année du Théâtre du Rideau Vert. «On m’a dit à plusieurs reprises : “Ça doit être génial pour vous, il se passe tellement d’affaires”, souligne Postigo. Mais quand on y pense, oui, il se passe beaucoup de choses… mais c’est toute la même chose! Le maire Tremblay, la Commission Charbonneau, les élus, les fonctionnaires… Je ne peux pas faire 10 sketches sur la même affaire et juste changer le nom du personnage! Et sinon, il n’y a pas de hockey; les carrés rouges, les casseroles, ça commence à être loin… Il a fallu travailler fort!»
Mais ceux qui sont des habitués des Revue et corrigée savent que, bon an mal an, depuis huit ans, l’équipe trouve à faire rire en évoquant les petits travers de l’année qui vient de s’écouler. Le versatile artiste nous parle de son expérience.
De quoi aura l’air cette huitième édition?
«On ne le sait pas! On ne sait pas du tout de quoi ça va parler, de quoi ça va avoir l’air, rien! C’est vertigineux; pas juste pour moi, mais pour les auteurs, les acteurs; on signe tous un chèque en blanc. C’est en processus de création constant; on dit que c’est au bout du 12e soir que les affaires ne bougent plus. Mais jusque-là, ça change. C’est beaucoup, le stress est élevé! Et c’est justement ce qui m’a donné envie de relever le défi!»
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Les revues de l’année à l’ère 2.0…
«Twitter et Facebook compliquent les choses pour des shows comme le nôtre. Prenons l’agent 728. La nouvelle sort, on l’entend dire des conneries… Avant, il y aurait eu trois ou quatre gars à la radio qui auraient fait des jokes là-dessus, une ou deux caricatures dans les journaux, et les autres blagues, on les aurait retrouvées dans le Bye Bye ou dans Revue et corrigée. Mais de nos jours, dès qu’il se passe quelque chose, tous les humoristes se mettent à tweeter là-dessus et sortent une ligne, un punch. Donc, nous, il faut qu’on creuse encore plus loin.»
«Petit nouveau» parmi des comédiens qui font ce spectacle depuis huit ans, c’est comment?
«Ça apporte énormément! Monter un spectacle aussi imposant avec des comédiens qui ne l’auraient jamais fait avant aurait été toute une galère, je crois! Mais à l’inverse, il faut parfois que j’impose mes idées, parce que je fais parfois face à des “Ah, mais les autres années, on faisait ça comme ça…” Mais c’est de bonne guerre, je ferais la même chose à leur place!»
Le rire, plus difficile à provoquer que les larmes
«Le drame, si ça marche plus ou moins, on ne s’en rend pas compte dans la salle. Le rire, c’est un punch, une demi-seconde, et on sait si ça fonctionne ou non. C’est la chose la plus difficile à faire sur scène!»
2012 revue et corrigée
Au Théâtre du Rideau Vert
Jusqu’au 6 janvier