Ultravox : synthétiseurs au gré du temps
Midge Ure, chanteur du groupe Ultravox, revient sur les moments phares du mouvement New Wave.
L’époque où on percevait les synthés et les boîtes à rythmes comme austères et relevant d’un engouement typiquement européen, ça vous dit quelque chose? Il faut replonger dans les années 80, alors que le new wave et le glam rock révolutionnaires de Bowie, de Gary Numan et compagnie faisaient rage. La formation synth-pop britannique Ultravox, qui a connu son heure de gloire à l’époque avec le mythique Vienna, faisait partie de cette cohorte électronique. Mais ça faisait depuis 1987 que le groupe n’avait pas donné signe de vie. Voilà qu’à la demande de leur maison de disques, plusieurs des membres fondateurs (le chanteur et guitariste Midge Ure, le batteur Warren Cann, le claviériste et violoniste Billy Currie et le bassiste Chris Cross) ont accepté la proposition d’une tournée mondiale en 2009 pour reprendre leurs plus gros hits.
Or, la chimie a si bien opéré qu’Ultravox nous a livré Brilliant, leur premier album en 26 ans, plus tôt cette année. Métro s’est entretenu avec Ure, sympathique tête dirigeante du groupe, qui a d’ailleurs enregistré ce nouvel opus dans sa maison de vacances près de Montréal.
Lorsque vous avez accepté la proposition du label, croyiez-vous que ça mènerait éventuellement à la production d’un nouvel album?
Pas du tout! C’était simplement la curiosité de pouvoir jouer tous ces morceaux une dernière fois. Mais en fin de compte, il semblerait que la moitié du groupe s’attendait à ce que nous enregistrions du nouveau matériel!
Vous êtes toujours très actif sur la scène musicale. Par contre, plusieurs des membres d’Ultravox n’avaient pas joué depuis belle lurette. Est-ce que la nouvelle technologie s’est avérée un défi?
C’est certain que, pour eux, tout ça était bien nouveau. C’était un peu comme Disneyland, tous ces merveilleux outils qui permettent de réaliser des trucs impensables il y a 30 ans, alors que nous devions débourser des sommes faramineuses juste pour essayer quelques idées en studio. Maintenant, avec nos laptops, ça ne coûte rien! Tu peux produire un disque de grande qualité avec cette petite machine. Maintenant, puisqu’on dispose tous des mêmes jouets, on retourne à la source du défi créatif : écrire une bonne chanson!
Récemment, le new wave et la synth-pop ont effectué un grand retour. Désormais, rappeurs et rockeurs incorporent des boîtes à rythmes et des synthés à leurs compositions. Ça vous emballe d’entendre ça?
Oui, et je crois que c’est tout à fait naturel. N’importe quel artiste va puiser son inspiration quelque part. J’écoute des groupes rock de l’heure qui s’inspirent des années 80 et de cet agencement d’instrumentations rock et électroniques. C’est exactement ce que faisait Ultravox à l’époque. Nous n’avons jamais été un band purement électro. On mélangeait les instruments et les influences; c’est ce qui nous rendait uniques.
Croyez-vous que la prolifération de nouveaux gadgets électroniques vous a nui vers la fin des années 80?
Oui, je crois que ça explique pourquoi nous avons disparus, alors que le dance prenait son envol. La technologie se développait très rapidement, mais en laissant de côté le contenu. Tout reposait sur le BPM (Beats Per Minute). Pendant un certain temps, la technologie a évacué le besoin d’écrire une chanson qui avait de l’allure. Maintenant, puisque la technologie des synthés est aussi utilisée que n’importe quelle guitare ou batterie, on est revenu, je crois, à évaluer ce que les gens sont capables de créer avec cette technologie. Et c’est très bien comme ça.
Brilliant
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