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Le blues d'la métropole au Théâtre St-Denis: Folk mélancolique

Marc-André Lemieux - Métro

C’est un étonnant sentiment de mélancolie qui se dégage du Blues d’la métropole, dont la première médiatique avait lieu hier soir au Théâtre St-Denis.Empruntant une forme semblable à celle de Mamma Mia! (une histoire construite à partir des tubes d’une formation-culte des années 1970), la production québécoise se distingue toutefois de l’ambitieuse comédie musicale inspirée du répertoire disco d’ABBA par son ton introspectif, voire sombre.

Qui eût cru que la pop légère de Beau Dommage pouvait inspirer autant d’épanchements? Dans Le blues d’la métropole, les auteures Louisa Déry et Michèle Grondin s’intéressent aux joies, mais surtout aux peines d’une bande d’amis habitant le quartier Villeray du Montréal de 1976.

La création porte particulièrement bien son nom dans la première partie, puisque, tous les
personnages semblent avoir les bleus. Après une ouverture lumineuse au cours de laquelle on peut notamment entendre Tous les palmiers et J’ai oublié le jour, le spectacle prend un tour plus dramatique en alignant les pièces les plus graves du répertoire de Beau Dommage.

Fidèle à l’esprit folk de la formation, le metteur en scène Serge Denoncourt refuse de verser dans le strass et la paillette des comédies musicales les plus clinquantes de Broadway. Même dans les numéros de groupe, il respecte la désinvolture et l’esprit «à la bonne franquette» souvent associés à cette époque. On aurait toutefois souhaité qu’il déroge à cette règle à quelques reprises, histoire de permettre aux vrais fans de taper des mains et de s’abandonner sur les airs qu’ils connaissent par cÅ“ur.

Lorsqu’on leur en a donné la chance, les chorégraphes Wynn Holmes et Nico Archambault ont su apporter cette bouffée d’air frais salutaire. Loin de s’être cantonnés dans le style hippie de l’époque, ils ont fait preuve d’audace en intégrant des mouvements contemporains et cool, parfaitement exécutés par les six danseurs. On retient notamment les acrobaties dans les imposants escaliers en colimaçon pour Amène pas ta gang et C’est samedi soir, pendant laquelle les acteurs battaient la mesure avec leurs bocks de bière.

Soulignons aussi le travail des comédiens-chanteurs, dont les harmonies vocales font honneur à celles dont Marie-Michèle Desrosiers, Michel Rivard et compagnie semblaient être les seuls à avoir le secret. Dans le rôle de Marie-Chantale, Sophie Tremblay tire son épingle du jeu en faisant valoir son sex-appeal, mais en montrant aussi une touchante vulnérabilité. Dans le rôle de la figure paternelle, Normand D’Amour s’avère charismatique à souhait.

Le blues d’la métropole
Au Théâtre St-Denis
Jusqu’au 25 avril

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