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Velvet Buzzsaw: L’art au service de l’horreur

Velvet Buzzsaw: L’art au service de l’horreur
Photo: Netflix

Malgré ce que sa bande-annonce laisse croire, Velvet Buzzsaw, nouveau film produit par Netflix, n’est pas un film d’horreur classique.

Oui, le long métrage mettant en vedette Jake Gyllenhall reprend les codes du genre (violence gore et gros frissons), mais son réalisateur Dan Gilroy le considère plutôt comme un thriller satirique situé dans un lieu particulièrement intrigant: un musée.

«Il y a quelques années, j’étais dans un musée d’art contemporain au moment de la fermeture, entouré d’œuvres vraiment bizarres. Je me suis dit que ce serait un bon endroit pour situer un thriller», a expliqué Gilroy, qui a aussi réalisé Nightcrawler avec Jake Gyllenhall.

Le film, qui tourne autour des peintures d’un artiste récemment décédé qui viennent hanter des gros bonnets du milieu de l’art contemporain, renferme également un sous-texte intéressant sur la lutte éternelle entre l’art et le commerce.

Le cinéaste californien considère lui-même que l’art est beaucoup plus qu’une marchandise.

«La qualité d’une œuvre ne peut pas être jugée par son prix ou le nombre de visionnements ou de clics qu’elle suscite. Le succès ne diminue pas le travail d’un artiste, mais il ne le définit pas non plus. Je souhaite à tous les artistes du monde de connaître un succès commercial. Cependant, la marchandisation de l’art, l’idée d’acheter une œuvre comme un investissement, de la mettre à l’abri seulement pour augmenter sa valeur ou de juger un tableau en fonction de son prix de revente, ce sont des concepts vides.»

«Je comprends que les artistes veulent que leur art soit montré. Et qu’il soit reconnu. Mais les artistes, même ceux qui en arrachent, ne doivent jamais oublier que même si peu de gens voient leur travail, il demeure pertinent. La beauté est la seule raison d’être de l’art et on ne peut pas la quantifier.»

Gilroy, qui signe un troisième long métrage, a vu dans Velvet Buzzsaw une occasion parfaite pour mettre en avant ces idées, tout en ajoutant une touche humoristique et satirique.

«On regarde souvent l’humour de haut, mais j’ai pensé qu’il serait intéressant de mélanger humour et thriller.»

Pour y arriver, il a gardé un film majeur comme référence constante: American Psycho.

«Ce film entre dans la catégorie des longs métrages de Dan Gilroy “qui ressemblent à la réalité, mais qui sont très loin de la réalité”. C’est un film d’horreur, c’est un thriller, c’est une satire… une parabole de notre époque.» – Jake Gyllenhaal, acteur, en entrevue avec le site Deadline

«C’est très beau, ce qu’ils sont arrivés à faire dans ce film, qui marie les genres à merveille. On rit, on a peur et on réfléchit. Je me suis dit que c’était le niveau que je voulais atteindre. C’est un film qui a polarisé le public et c’est très bien. Les gens qui ont aimé ce film l’adorent vraiment et j’en fais partie.»

La présence de Jake Gyllenhall lui a aussi permis d’élever la barre encore plus haut.

«Jake est sans peur, il veut être mis au défi. Lorsque j’ai commencé à écrire le personnage [il est aussi le scénariste du film], je savais que ça allait être difficile. Heureusement, Jake est capable de faire des choses qui n’ont jamais été tentées avant. Je savais qu’il allait mordre à pleines dents dans ce projet.»

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