Culture
21:38 10 mars 2019 | mise à jour le: 10 mars 2019 à 21:38 temps de lecture: 4 minutes

TLMEP: «Je vivais dans le futur ou dans le passé», dit Sylvain Marcel sur sa dépendance aux drogues

TLMEP: «Je vivais dans le futur ou dans le passé», dit Sylvain Marcel sur sa dépendance aux drogues
Sylvain Marcel. Photo: Karine Dufour/ICI Radio-Canada Télé

Le comédien Sylvain Marcel est revenu dimanche soir, à Tout le monde en parle (TLMEP), sur la dépendance aux drogues et à l’alcool qu’il a combattue pendant de longues années, alors même qu’il jouait au théâtre et au petit écran.

«Je ne suis pas guéri, je suis en rétablissement», écrit l’acteur dans son nouveau livre Aidez-moi, qui témoigne de son expérience. «Je ne vais jamais vraiment guérir de ça, a-t-il avoué dimanche soir. C’est incurable. S’ils inventent une pilule pour me guérir, je vais en prendre trop.»

Sa dépendance aux drogues et à l’alcool aura duré une bonne trentaine d’années. Mais à un moment donné, épuisé de devoir continuer, Sylvain Marcel affirme s’être mis à genoux, «pas pour prier, mais parce que je n’étais plus capable de me tenir debout», a-t-il expliqué.

Il a raconté comment le crack est arrivé dans sa vie afin de combler un vide, «parce que la coke ne faisait plus rien». «Avec le crack, une fois c’est trop, et 100 fois, ce n’est pas suffisant, a-t-il avancé. C’est comme les chips, si t’en prends une, tu vas finir le sac.»

«C’est un buzz qui dure deux minutes. Ça ne finit plus […]. Je toussais tellement, je crachais noir, c’était malsain pour la santé», a-t-il aussi observé, soulignant que sa dépendance nuisait même à sa carrière. «Je suis arrivé deux fois en retard sur Bon Cop, Bad Cop», a-t-il assuré.

Même à la maison, sa dépendance le troublait avec ses enfants.

«Un enfant, ça vit dans le moment présent. Moi, je vivais dans le futur ou dans le passé. Je n’ai pas été très agréable. J’ai été agressif en paroles. Ce n’était pas une belle époque de ma vie.» – Sylvain Marcel, acteur et comédien.

Il a révélé avoir pensé au suicide dans ses années de dépendance. «Sur le pont Benjamin-Morrow, vers Repentigny, il y avait un muret. […] Je me suis demandé: “Si je donne un bon coup de roue, est-ce que ça va casser le muret?”» a-t-il raconté.

Mais aujourd’hui, l’acteur dit avoir la chance de s’être arrêté. «J’ai demandé pardon à mes enfants. Et là, je vais avoir mon troisième petits-fils, j’ai une vie extraordinaire. Tout le monde pense que je suis un superhéros, mais je ne fais juste pas consommer.»

Il donne notamment des conférences auprès des jeunes et des personnes souffrant de troubles de dépendance. «Je leur dis comment j’ai fait, moi, [pour s’en sortir]», a-t-il souligné.

Jouer René Angélil?
Appelé à réagir sur des rumeurs persistantes qui soutiennent qu’il jouera René Angélil dans un éventuel film sur la vie de Céline Dion, Sylvain Marcel a refusé, avec le sourire, de confirmer l’information.

«On m’empêche de dire que je vais faire ça […]. Il y a eu une mésentente, une histoire d’avocats. Il y a des gens qui sont toujours vivants.»

«Mais oui, je vais faire un film avec [la réalisatrice] Valérie Lemercier», a-t-il lancé, le sourire aux lèvres, ajoutant que celle-ci l’avait repéré «sur internet» et que tous deux avaient eu des échanges.

«Moi, je ne l’ai pas dit», a-t-il ajouté, provoquant les rires dans le studio 42 de Radio-Canada. L’acteur s’est même prêté à une rapide imitation de M. Angélil, faisant bien rire l’animateur Guy A Lepage qui l’avait lancé sur cette piste.

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Commentaires 3

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  • Normand

    Merci pour ce beau témoignage Sylvain !
    Pour passé par le même chemin que toi , aujourd’hui je suis en rétablissement grâce à un programme de douze étapes et des fraternités anonymes.

  • La Maison le Passeur (Louise Plante) 450 743-8403

    Merci de partager votre histoire, afin d’aider d’autre comme vous qui désire se sortir de l’enfer. Nous sommes un organisme qui vient en aide aux hommes dans la région de Sorel-Tracy. Nous serions très honoré de vous avoir comme conférencier un soir quelque part au mois de mai ou juin ou juillet ou septembre selon vos disponibilités.

  • Francine

    Bonjour et merci pour l’aide que vous apportez par votre témoignage et votre vécu.

    Je comprends que vous avez commencé à consommer vers quatorze ans, et je me demande si à cet âge, une parole, ou intervention de vos parents ou autres personnes significatives avait pu apaiser votre souffrance et vous aider à cesser de consommer…

    J’aimerais bien que votre conférence soit présentée dans les écoles. Mon fils de 14 ans qui consomme depuis 6 mois et ses amis ont de graves problèmes de consommation (coma éthylique, overdoses et psychoses) et je crois que vos propos auraient un impact percutant et positif sur eux qui commence à peine leur vie.
    Merci