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Game of Thrones : ce n’est jamais simple de dire adieu

Game of Thrones : ce n’est jamais simple de dire adieu

Dimanche soir, après huit saisons et 63 épisodes, Game of Thrones présentait sa conclusion sur les ondes de HBO. La série, devenue depuis un phénomène mondiale, a connu une fin hautement critiquée par les amateurs.

C’est maintenant le temps de prendre un pas de recul afin d’observer cette presque décennie à suivre les aventures à Westeros. Si vous n’avez pas vu ce dernier épisode ou cette dernière saison, soyez avertis, des mèches seront vendues. Ceci est donc votre alerte aux divulgâcheurs.

Game of Thrones
Game of Thrones

Le récit est maintenant complet et, qu’on apprécie ou pas le chemin sélectionné par les meneurs de la série David Benioff et D.B. Weiss, on ne peut pas reprocher à la série de nous laisser sur une fin ouverte comme les Sopranos à l’époque. Ceci dit, c’est tout aussi difficile de revenir sur les événements sans soulever des failles ou des raccourcis empruntés afin d’atteindre la ligne d’arrivée le plus rapidement possible.

C’est d’ailleurs probablement le plus grand défaut des deux dernières saisons : l’empressement.

Dimanche, il fallait se sortir du coin dans lequel on était peinturé à la suite de la conquête de la reine Daenerys Targaryen. Il fallait aussi paver la voie pour la suite des choses et, accessoirement, remettre de la vie dans l’univers décimé par un génocide lors de l’épisode précédent. C’était pour ainsi dire une tâche impossible de plaire à tout le monde avec autant de choses à boucler en si peu de temps.

Personnellement, je n’ai pas aimé cette dernière saison. Le récit manquait de nuances, de profondeur et d’investissement. Contrairement aux saisons précédentes, les mots riches de l’auteur George R.R. Martin n’étaient plus disponibles afin d’offrir de la viande autour de l’os. La série telle que menée par Benioff et Weiss avait plus des allures du squelette d’un grand récit que de ‘épopée à laquelle nous étions habitués lors des premières saisons.

Cette déception, malheureusement, ne pouvait pas être rachetée par une finale – même en tentant le «happy end» sur tous les fronts.

Par contre, je n’ai pas envie de terminer cette aventure sur une note amère. Game of Thrones, c’est la série d’une génération, c’est un moment marquant et rassembleur. En tant que téléphage, je n’ai pas envie d’amoindrir tout le plaisir que cette série m’a offert. Oui, la fin n’était pas à la hauteur de mes attentes, comme plusieurs sans doute, mais j’ai tout de même apprécié la ballade. J’ai quand même vécu avec grande anticipation ce couronnement de Bran The Broken et l’élévation d’une nouvelle reine du nord indépendant. Non, ce n’était pas parfait, loin du compte, mais cette absence de peaufinage n’est pas un crime impardonnable.

C’est juste dommage. Comme la plupart des conclusions, il est difficile d’être réellement heureux de tourner définitivement la page même si il y a une certaine satisfaction à passer enfin à autre chose.

Game of Thrones aura alimenté les passions jusqu’à la toute fin et ça, malgré les critiques négatives et les montées de colère des amateurs, c’est un rare exploit en télévision. Quitter la tête haute, au sommet de sa popularité, malgré tout.

Merci HBO pour cette folle aventure.

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