Culture

Chernobyl : l’angoisse de la triste réalité

Chernobyl : l’angoisse de la triste réalité

Je suis né au milieu des années 80 et depuis ma jeunesse, la crainte du nucléaire est associée à une ville : Tchernobyl. Sans même connaître les détails de la catastrophe qui a ravagé la région de l’Ukraine en 1986, je savais par les médias, les films et la télé qu’il y avait là quelque chose d’incroyablement effroyable. Quelque chose comme le pire scénario imaginable quand on vit à proximité d’une centrale nucléaire.

Pour l’enfant que j’étais, Tchernobyl c’était presque un élément folklorique. Je n’avais pas d’images concrètes, ou de détails. On en parlait aux nouvelles, les Simpson faisaient des blagues de poissons mutants, c’était imbriqué dans ma connaissance frêle du monde qui m’entoure. Mais là, HBO a lancé sa minisérie Chernobyl depuis quelques semaines et cette visite dramatisée des événements est ce que j’ai vu de plus bouleversant à la télé cette année.

Peut-être même depuis plusieurs années.

Chernobyl
Chernobyl

Chernobyl présentera son cinquième et dernier épisode ce dimanche, vous pouvez donc prendre le temps de revenir sur les quatre premiers afin de vivre le tout intégralement cette fin de semaine.

L’idée derrière la série est de raconter la véritable histoire de la catastrophe nucléaire et vous allez le voir assez vite – la réalité est spectaculairement plus terrifiante que la fiction. Il y a évidemment quelques libertés scénaristiques pour adapter le tout à la télé, mais on se colle très près de la véritable séquence d’événements et du travail bâclé par le gouvernement soviétique afin d’amoindrir l’impact de l’explosion du quatrième réacteur de la centrale nucléaire.

Ce qui est fascinant avec cette production de HBO, c’est le souci accordé aux détails. On installe méthodiquement les éléments d’une catastrophe complexe et même sans tout comprendre dès le premier épisode, l’angoisse est palpable et fortement appuyée par une ambiance sonore qui vous hantera pour la semaine. C’est difficile à expliquer, mais les sons ajoutés aux images sont menaçants et rendent un ciel aux lueurs attrayantes tout simplement terrifiant.

La série raconte le récit de la catastrophe de Tchernobyl à hauteur d’hommes, avec des victimes, des familles, une communauté et aussi des erreurs, des préoccupations politiques et des tentatives de sauver la face pour ne pas avouer une erreur. L’humanité, ici, est autant la charge émotive que la grande responsable d’un désastre marquant pour une génération.

C’est vraiment une grande série qui ne vous laissera pas indifférent. Vous serez fâchés par les décisions des hommes politiques soviétiques et troublés par les conséquences immédiates de l’explosion nucléaire. C’est comme regardé un film de zombies tout en sachant qu’il s’agit d’une histoire véritable à peine romancée.

Et c’est ça qui est complètement terrifiant. Les zombies on peut les écarter du revers de la main en se disant qu’ils ne sont pas réels. Les victimes de Tchernobyl, elles existent et elles ont raconté l’histoire que la série de HBO met en images.

De la télévision essentielle et troublante.

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