Culture

Critiques musique: Flavien Berger, Tyler, the Creator, Soul Secret Agency et Loud

Critiques musique: Flavien Berger, Tyler, the Creator, Soul Secret Agency et Loud
Photo: Getty Images/iStockphoto

Cette semaine, Métro a écouté les dernier albums de Flavien Berger, Tyler, the Creator, Soul Secret Agency et Loud.

Poésie intemporelle
Flavien Berger
Contre-Temps
••••½

Flavien Berger nous embarque avec lui pour un voyage musical, perdu quelque part dans le temps. Contre-Temps s’inscrit dans la continuité de l’excellent Léviathan (2015) et confirme que l’artiste français est l’un des plus grands, sinon le meilleur, de la musique pop-électronique francophone­. La poésie de ses textes, aussi fulgurante que la banalité et la nostalgie des histoires qu’il raconte, est magnifiée par des arrangements de synthé uniques. On est proche du psychédélisme, dont l’effet est accentué par un rythme qui peut être radicalement opposé d’un titre à l’autre.
Amélie Revert


Ambitieux
Tyler, the Creator
IGOR
••••

Tyler, the Creator fait bande à part dans le hip-hop. À l’ère de la multiplication presque infinie des beatmakers et des producers, le Californien a entièrement produit et réalisé ce 5e opus solo. Il en résulte un album très personnel d’une grande cohérence, qui n’hésite pas à s’écarter du (trop?) populaire son trap pour aller vers des sonorités plus expérimentales. Cela ne l’empêche pas de s’entourer de collaborateurs renommés : Pharrell Williams, Solange, Cee Lo Green, Kanye West. Il y a d’ailleurs quelque chose de «westien» dans IGOR, non pas dans le narcissisme, mais plutôt dans l’ambition artistique et le désir de réinvention dont fait preuve Tyler.
Benoit Valois-Nadeau


Groove au féminin
Soul Secret Agency
Soul Secret Agency
•••½

Menée par la superbe voix et les textes aux accents féministes de sa chanteuse Abigail Galwey, le collectif montréalais Soul Secret Agency présente un premier album qui explore l’univers de la soul et du R&B des années 1960. Le résultat est concluant. Bien maîtrisé et plein de petites touches modernes (particulièrement dans les textes doucement subversifs de Galwey), cet album éponyme respecte l’esprit de l’époque tout en offrant un groove bien actuel. On recommande particulièrement Cuz I’m In Love, enregistrée avec Dominique Fils-Aimée, qu’on croirait sortie des studios Motown.
Benoit Valois-Nadeau


Tout ça pour ça?
Loud
Tout ça pour ça
••½

Les amateurs de rap québécois l’attendaient avec impatien­ce. Le tout dernier opus de Loud – plutôt court, avec ses 32 minutes étalées sur 10 morceaux – s’appuie sur des sonorités plus pop que jamais pour répéter le succès monstre de son dernier long jeu. Mais un an et demi après Une année record, la vedette du hip-hop local manque d’accroches et de finition. Il réussit tout de même à s’en sortir à quelques reprises grâce à son flow reconnaissable et à des morceaux qui sortent du lot, comme le flottant Sometimes, all the Time, une collaboration avec Charlotte Cardin, et Fallait y aller, un morceau qui risque de rejoindre des auditeurs de tous les horizons.
François Carabin