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Les élans amoureux de la chanteuse Chantal Archambault

Photo: Denis Beaumont/Métro

Après avoir conquis le public au cours de son été en tournée avec Vincent Vallières, Chantal Archambault est de retour dans Les élans, un second album sur lequel elle chante l’amour sans retenue.

C’était quelques mois après la sortie de La romance des couteaux, son premier opus. Chantal Archambault écoutait le musicien Dany Placard, réalisateur de son premier album, lui composer un refrain. «Il m’a dit : “Shoote-moi de quoi là-dessus”, et ça m’a un peu prise au dépourvu, je n’avais jamais composé quelque chose sur commande! Mais finalement, c’est sorti, j’ai été capable de le faire en m’inspirant de ce que je vivais, du fait d’être un peu assise entre deux chaises, d’être investie à deux places, parce que j’étais tout le temps partie et engagée dans une relation à distance. Ç’a été mon filon pour la chanson Les élans.»

C’est un peu par hasard que Chantal Archambault en est arrivée à sortir son premier disque. «Je n’avais pas d’intention particulière de mettre la musique au premier plan dans ma vie, à l’époque, révèle-t-elle. Je ne savais pas que ça allait faire un disque, j’étais sous le coup de l’émotion, j’avais besoin d’écrire. Ça aurait pu être n’importe quel médium, mais c’est par là que c’est passé. Ç’a créé un album, et j’ai appris à le rendre sur scène, où je n’étais pas particulièrement à l’aise au départ.»

Ce malaise, la chanteuse l’attribue notamment au caractère très personnel de ses chansons : «Je sentais que je me mettais à nu et je trouvais ça spécial, parce que déjà, quand tu montes sur scène, tu es en état de vulnérabilité parce que toute l’attention est sur toi, fait-elle remarquer. Alors quand, en plus, les textes c’est “Voilà, j’ai fait ça, je suis comme ça, je ne suis pas trop fière…” c’est beaucoup d’émotions à gérer.»

Encore une fois, c’est un disque très inspiré de sa propre vie que l’artiste livre. «Après que j’ai écrit la chanson-titre, les pièces sont venues au gré des événements, au gré des sentiments, dit-elle. Et il s’est passé beaucoup de choses en 2012 qui ont nourri la création, alors c’est vraiment un portrait des deux dernières années.»

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De beaux moments, et d’autres qui n’ont pas forcément été faciles, on s’en rend compte à l’écoute. Néanmoins, il en résulte quelque chose de beaucoup plus léger que La romance des couteaux. «Ce sont des histoires de passion, d’amour, il y a beaucoup plus de rayonnement, de lumière dans celui-là, lance Chantal Archambault. Je suis plus motivée à livrer ces chansons. Je ne voulais pas que ça soit lourd. Dans chaque épreuve, dans chaque moment difficile, il y a toujours quelque chose de positif et d’énergisant à aller chercher. Il faut construire quelque chose à partir de la douleur.»

Une des douleurs vécues par la chanteuse : devoir quitter la communauté autochtone anicinape à Kitcisakik, où elle a passé deux ans avec Jeunes musiciens du monde, ce qui a donné la chanson Nin Sibicêc, sur laquelle une jeune fille chante un extrait en anicinape.

«C’est une des communautés les plus pauvres en Amérique du Nord; il y a toutes sortes d’enjeux, les gens sont en processus de guérison, ils ont vécu beaucoup de choses dans leur passé, explique-t-elle. Et nous, notre mandat, c’était d’intégrer la musique dans le quotidien des jeunes, d’apporter une certaine légèreté, de créer des liens avec eux, d’emmener ces enfants-là à chercher la beauté dans leur quotidien et à dessiner leur avenir à leur façon. Et la musique, c’était une façon de se rapprocher de leur culture, en chantant en anicinape. On a essayé de les amener à retrouver la culture qu’ils ont perdue dans les dernières années. J’avais besoin de parler d’eux dans l’album parce qu’ils ont marqué ma vie, et ç’a été un déchirement de devoir les quitter.»

Désormais installée à Mont­réal, l’Abitibienne d’origine prend l’avenir avec un grain de sel : «Mon disque est très teinté de mon vécu amoureux et de ce que je recherche à travers ça, fait-elle remarquer. Alors, maintenant que ça va bien dans ma relation, je n’aurai peut-être plus jamais de jus pour composer… C’est peut-être bien mon dernier album!»

Chantal et ses hommes
Elle les mentionne souvent, «les gars», Chantal Archambault. «Les gars», ce sont ses musiciens et son réalisateur, Dany Placard, avec qui il lui est apparu comme une évidence qu’elle allait retravailler.

«On m’avait proposé d’aller voir ailleurs, et je n’étais pas fermée à l’idée, mais je trouvais qu’on avait construit quelque chose, et on ne bâtit pas une maison pour la revendre tout de suite, compare-t-elle. Je trouvais qu’on pouvait s’enrichir de cette relation-là, de tout ce que ce gars-là connaît sur moi, sur ma vie… Il faut exploiter ça, la chimie qu’on a avec quelqu’un.»

Même constat avec ses musiciens Guillaume Bourque [«un gars super créatif qui a des idées magnifiques, qui m’a beaucoup apporté musicalement»] et Michel-Olivier Gasse [«il a apporté sa touche en m’aidant à travailler les textes»]. «Tout le monde s’est vraiment engagé, ajoute-t-elle. On est comme un groupe, et j’espère vraiment pouvoir partir en tournée avec eux!»

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