Soutenez

L'appât: dépeindre le montréal multiculturel

Le tournage de L’appât a débuté en août dernier, quelques semaines à peine après la sortie de Jacob Tierney contre l’absence de représentation anglophone et immigrante dans le cinéma québécois. Salués par certains et décriés par d’autres, les propos du réalisateur montréalais avaient provoqué une véritable tempête médiatique dans la Belle Province. Guy A. Lepage
applaudit le discours de Tierney, mais il refuse de tracer un lien entre les déclarations du cinéaste et la forte présence des communautés ethniques dans L’appât. «Ça fait deux ans qu’on travaille là-dessus. C’était bien avant qu’il ne dise quoi que ce soit», souligne-t-il.

Avec la comédie policière L’appât, Yves Simoneau braque son objectif sur le monde interlope montréalais, composé d’individus aux origines variées : des Haïtiens aux Italiens, en passant par les Chinois et les Russes. «Quand je suis revenu au Québec en 2007, j’ai été frappé de voir à quel point le profil ethnique de Montréal s’était diversifié avec les années, raconte le cinéaste, qui a quitté sa patrie pour les États-Unis au début de la décennie 1990. Il n’y a plus juste des Blancs dans la rue. C’est une fresque impressionnante.»

William Rey­mon partage l’avis de son coscénariste. Pour ce Français habitant chez nos voisins du sud, son travail consistait simplement à dépeindre ce qu’il observait lors de ses fréquents passages dans la métropole. «Pourquoi faire quelque chose d’aseptisé ou de superficiel? demande l’auteur. Je voulais tracer le portrait du Montréal moderne.» En ce qui a trait aux reproches formulés par Tierney, Yves Simoneau se montre optimiste. «Il y a toujours un temps de décalage entre la réalité et ce qu’on représente en fiction. C’est normal. On est dans un tournant. Le public est ouvert au changement.»  

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.