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Stefie Shock: l'apologie de la nouveauté

Jessica Émond-Ferrat - Métro

Stefie Shock n’aime pas se répéter. C’est pour cette raison, dit-il, que chacun de ses disques comporte des instruments de musique différents. «Tu ne composes pas de la même façon avec de nouveaux instruments que tu l’aurais fait avec quelque chose que tu connais bien», assure-t-il. 

Ainsi, si Le décor était fortement teinté du son des cuivres et qu’on entendait beaucoup de guitare acoustique sur Les vendredis, c’est maintenant le synthétiseur qui est omniprésent sur La mécanique de l’amour. «J’adore les cuivres, c’est naturel pour moi, mais je les ai un peu boudés cette fois-ci puisque je n’avais pas d’idée nouvelle pour les exploiter. J’ai plutôt trippé avec des synthétiseurs et ça a donné un son plus électro que pour Les vendredis.»

C’est avec un enthousiasme presque enfantin que le musicien parle de son «trip de synthé». C’est que la musique est une seconde nature pour Stefie… ce qui n’est pas le cas de l’écriture. «J’écris des textes parce que je n’ai pas le choix, confesse-t-il. J’écris par nécessité et non par envie. J’aime composer de la musique, des mélodies, des rythmiques, des arrangements, des riffs de guitare…» 

Sauf que la musique qu’il compose, croit-il, n’est pas faite pour être instrumentale, ce qui le force à l’accompagner de textes… et à chanter, par la force des choses. «Ça ne m’a jamais vraiment intéressé de chanter, mais je n’ai pas le choix! lance-t-il candidement. Qui d’autre va chanter ces paroles-là, que je me fends en quatre pour écrire? Je me passerais très bien de ça!»

Shock concède néanmoins avoir beaucoup de plaisir à chanter sur scène. «Mais en studio, il faut que tout soit parfait… et ça m’emmerde!» L’artiste ne considère toutefois pas la possibilité de faire appel à des paroliers.  «Il est hors de question que je ne le fasse pas moi-même. Je suis très possessif de ma musique, je contrôle tout jusqu’au mastering. Je ne suis pas très contrôlant dans la vie, mais mes chansons, je leur accorde un soin jaloux.»

Cela peut sans doute expliquer qu’il ait mis près de cinq ans à pondre ce quatrième album de compositions originales (sa dernière offrande, en 2009, était une compilation comprenant quelques remix). «C’est bizarre, la création… dit-il. Prends un dentiste, par exemple. Chaque jour, il répare des dents, ça va peut-être lui prendre plus de temps une journée qu’une autre, mais il le fait. Écrire une chanson, des fois, ça fonctionne… souvent, ça ne marche pas!»

C’est pourquoi, entre deux albums, Stefie Shock emmagasine les idées. «Je ne décroche jamais, ça m’habite tout le temps. Sauf qu’il y a toujours de grands moments durant lesquels je n’ai pas d’inspiration. où je n’arrive à rien faire, comme si j’avais perdu la faculté d’écrire», explique-t-il.

Encore une fois, c’est l’amour – «Comme pour tout le monde!» croit-il – et les femmes qui ont fini par être ses muses. «Je n’écris pas de chansons genre « Je t’aime, reste auprès de moi… » Ça veut dire ça, mais je ne veux pas le dire comme ça, explique-t-il. Je parle beaucoup de troubles émotionnels de l’âme, de l’existence, de l’anxiété… mais je ne nomme pas ça comme ça, parce que c’est pas intéressant, explique-t-il. Les mots « stress » ou « attaque de panique », dans une chanson, c’est pas sexy!»

Ne jamais dire «jamais»
Stefie Shock avait juré que jamais il ne chanterait en anglais. «C’était facile à dire, je n’avais pas de chansons en anglais!» lance-t-il. Mais alors qu’il tentait d’écrire les paroles de ce qui allait devenir la pièce Bright Side of the Moon et n’arrivait à rien, c’est dans la langue de Shakespeare que les mots ont fini par sortir. «Ma première réaction en réécoutant, ç’a été : « C’est quoi, cette voix-là? » Je me suis découvert un timbre de voix que je ne me connaissais pas.» L’artiste s’est demandé si intégrer des chansons en anglais à La mécanique de l’amour risquait de choquer les gens, mais en est finalement venu à la conclusion que non, parce qu’il ne le faisait pas dans cette optique.

«Je voulais juste, de manière honnête, mettre les meilleures tounes que j’avais sur mon disque. Il y a des chansons dont tu ne peux pas changer la langue sans les dénatu­rer. Je me demande bien ce que je vais faire aux Francos, par exemple!» 

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