Culture
17:19 17 septembre 2020 | mise à jour le: 17 septembre 2020 à 17:19 temps de lecture: 4 minutes

Cinéma pincourtois en « supergogorama »

Cinéma pincourtois en « supergogorama »
Éric Ruel et son équipe de production

Le dernier film du cinéaste originaire de Pincourt, Éric Ruel, est à l’affiche à travers le Québec depuis le début septembre. Son œuvre est teintée par les souvenirs de son enfance et sa ville natale.

Le documentaire Jukebox relate l’ascension fulgurante de l’industrie québécoise du disque dans les années 1960. Il met de l’avant Denis Pantis, un personnage méconnu qui a contribué à rendre la musique yé-yé populaire.

Lui-même chanteur sous le nom de Danté, il sort 14 disques 45 tours et 3 albums 33 tours. En même temps, il produit et réalise les albums de nombreux groupes et artistes. On lui doit des succès comme La plus belle pour aller danser ou Les boîtes à gogo.

Comme dans tous les films d’Éric Ruel, l’objectif est de mettre en lumière l’arrière-scène d’un grand évènement ou mouvement. Dans ce cas-ci, il s’agit de tout un pan de ce genre de musique qui n’avait pas été raconté.

«Celle de comment on a réussi à mettre sur pieds une industrie culturelle florissante et indépendante, soutient le réalisateur. Pour la première fois de l’histoire en 1967, les Québécois vendaient plus de disques que quiconque sur leur territoire.»

Le long métrage n’est pas qu’un simple documentaire, c’est du cinéma en «supergogorama». «On a vraiment tenté de créer une expérience collective à vivre en gang, continue Éric Ruel. À l’intérieur même du film, les gens sont appelés à chanter, à taper des mains et à contribuer à créer une expérience particulière. Ça fonctionne super bien en salles.»

La cohérence est très importante pour lui, notamment en tentant de recréer tout ce qui est associé à cette époque. «Autant au niveau du fond que de la forme, on veut une atmosphère qui se ressent», image le cinéaste.

Influence

Éric Ruel a grandi à Pincourt. Il a quitté la ville à l’âge de 17 ans pour étudier en production télévisuelle à Ottawa. Il a ensuite déménagé à Montréal, où il a fondé sa maison de production, La Ruelle Films, en 2002.

Le cinéaste reste persuadé que Pincourt l’a marqué. «Ça a vraiment été pour moi super inspirant comme coin, autant les lieux physiques, avec l’accès à la nature, que les gens qui y restent», explique-t-il.

Ses grands-parents avaient une ferme à Les Cèdres. Sa relation avec sa grand-mère est aussi une influence dans ses créations. «C’est pour ça que plusieurs de nos films sont ancrés dans le passé, nous dit Éric Ruel. Ce n’est pas que je suis nostalgique, mais j’ai envie de revisiter les bons sentiments qui habitaient la société.»

Le réalisateur compte éventuellement revenir dans la région. «J’aimerais beaucoup qu’on établisse nos studios dans le coin, affirme-t-il. C’est quelque chose qui me tient à cœur et c’est dans les projets.»

Jukebox met notamment en vedette les artistes de l’époque, dont Michèle Richard, Renée Martel, Les Classels, Les Sultans, Les Miladys et pour la première fois au grand écran, Denis Pantis lui-même.

«On veut connaître la petite histoire derrière l’histoire.»
-Éric Ruel

Le documentaire Jukebox est à l’affiche entre autres à la Cinémathèque québécoise et au Cinéma Beaubien, à Montréal. Il sera présenté le 19 septembre au Cinéma Saint-Hyacinthe, à 19h . La liste complète des projections est disponible ici.

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