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Festival du cinéma latino-américain de Montréal: la jeunesse avant tout

Jessica Émond-Ferrat - Métro

Avec au menu les films de nombreux jeunes réalisateurs comme Gaël Garcia Bernal (Los Invisibles), Diego Luna (Abel) et Pablo Trapero (Carancho), le constat est clair : la nouvelle génération est à l’honneur de cette deuxième édition du Festival du cinéma latino-américain de Montréal (FCLM), ce qui est tout à fait naturel, selon Yuri Berger, directeur de la programmation. «Cette édition appartient aux jeunes. Mais ce n’est pas nous qui avons décidé de faire une place à la relève, c’est la relève qui est en ébullition», affirme-t-il.

Après avoir décidé de la programmation, M. Berger s’est rendu compte que la plupart des cinéastes qu’il avait sélectionnés étaient âgés entre 20 et 40 ans. «Et ce sont des films qui ont gagné des prix dans des festivals comme Sundance et Cannes, précise-t-il. Je suis content de présenter autant de bons films de jeunes réalisateurs. Ça implique que le cinéma latino est en santé et en constante évolution.»

C’est dans cet esprit que, pour cette deuxième année, Yuri Berger a ajouté au programme une section Novo Cinéma, consacrée aux cinéastes émergents. On trouve notamment au programme le film Finisterrae, de l’Espagnol Sergio Caballero – l’Espagne étant le pays invité cette année. «C’est une histoire de fantômes très spéciale, tournée de façon complètement novatrice, assure le directeur. Cette section est destinée aux artistes qui brisent les conventions, qui essaient de nouvelles choses; ça me plaît beaucoup.»

Mais Yuri Berger n’a pas misé uniquement sur l’expérimentation et a tenu à inclure également au FCLM une section destinée au box-office, avec des films comme la comédie romantique chilienne Qué Pena Tu Vida et le drame sentimental argentin Igualita A Mi. Un aspect important pour le directeur, qui rappelle que le cinéma est un art, mais aussi un divertissement. «Un film, c’est une histoire. Et les histoires, ce n’est pas toujours sérieux, dit-il. En Amérique latine, les familles vont au cinéma la fin de semaine pour se détendre, se distraire… Si on veut que le cinéma continue, il ne faut pas lever le nez sur ce qui est populaire.»

C’est d’ailleurs ce qui a poussé Berger à choisir Carancho – qui a représenté l’Argentine lors de la dernière cérémonie des Oscars – pour ouvrir le festival. «C’est le film parfait, qui réunit une histoire intelligente, un personnage à la fois crédible et intelligent, et qui est aussi accessible au grand public», explique-t-il.

On retrouve également au programme du FCLM un hommage au cinéaste expérimental Alejandro Jodorowsky (Montana Sagrada, Santa Sangre), une riche section documentaire (The Two Escobars, El Olvido) et une sélection de courts métrages, comprenant un documentaire en quatre parties réalisé par Gaël Garcia Bernal en collaboration avec Amnistie internationale. Le jeune réalisateur y aborde la réalité des immigrants illégaux centre-américains au Mexique.

«La programmation du FCLM est très variée, parce que je veux donner une image complète de ce qu’est l’Amérique latine, dit Yuri Berger. C’est comme si je vous invitais à souper chez moi et que vous rencontriez toute ma famille; l’oncle fou, la grand-mère intelligente, la petite fille taquine… À la fin, on comprend mieux cette famille.»

Festival du cinéma latino-américain de Montréal
Au Cinéma du Parc
Jusqu’au 24 avril

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