Jutra: moins de Twitter, plus de cœur
Yves P. Pelletier et Sylvie Moreau ne tenteront pas d’imiter Anne Hathaway et James Franco aux Oscars lorsqu’ils prendront la barre du gala des Jutra le 13 mars prochain. Autrement dit, elle ne criera pas chaque fois qu’une vedette montera sur scène et il ne passera pas son temps à partager ses impressions sur Twitter. «Nous autres, on va être sur Swiffer avec Élyse Marquis!» lance Yves P. Pelletier.
Si on se fie au feu roulant de blagues que la paire a servi aux journalistes hier matin à Radio-Canada, le gala provoquera les rires non-stop pendant 2 heures 30 minutes. Mais tel n’est pas nécessairement le but de l’opération, soutiennent les maîtres de cérémonie. À la barre de l’événement pour une quatrième année, Sylvie Moreau cherchera non pas à dérider les téléspectateurs, mais à leur communiquer son amour du cinéma d’ici. «On veut créer un bon show de variétés de façon à ce que le monde ait envie d’aller voir les films en nomination», précise la comédienne.
À une époque où les films québécois traversent les frontières et obtiennent du succès à l’étranger, les Jutra se donneront des allures de «party de famille», indique-t-on. Pas d’humour «chien» à la sauce Ricky Gervais aux Golden Globes, donc. «On veut que les gens passent une soirée extraordinaire – qu’ils aient vu les films ou non», déclare Sylvie Moreau.
Le dynamique duo en convient : le défi est de taille, d’autant plus que les animateurs de gala ne l’ont pas eu facile ces derniers temps – et particulièrement aux Jutra, où la critique a écorché Karine Vannasse et Patrice L’Écuyer, qui ont respectivement tenu les rênes des éditions 2009 et 2010 de la cérémonie. Mais comme le souligne Yves P. Pelletier, la réussite d’un tel événement ne repose pas entièrement sur l’identité de ceux qui l’animent.
Plusieurs facteurs entrent en ligne de compte. «Il y a la façon dont les finalistes vont accepter la victoire… et accepter la défaite», indique celui dont le film Le baiser du barbu n’a récolté aucune nomination. En ce qui concerne la longueur des remerciements, pas moyen de savoir ce que le tandem a prévu pour éviter qu’ils ne traînent en longueur. Chose certaine, on ne copiera pas les Chick’n Swell, qui s’amusaient à menacer les gagnants au moyen d’une grosse pince au dernier gala des Olivier.
«Pour les gens qui restent beaucoup trop longtemps, on a un sniper!» blague Yves P. Pelletier, qui reconnaît toutefois que des moments magiques peuvent naître de discours interminables. «Je n’aurais pas voulu interrompre Anne Dorval l’an dernier… On a eu tout un show!» ajoute-t-il.
Après s’être installée à La TOHU, la soirée déménage au Théâtre St-Denis cette année. La salle correspond mieux au décor prévu pour le spectacle, affirme-t-on chez le diffuseur. Hormis l’hommage à Jean Lapointe, la cérémonie comportera une portion musicale, qui sera assurée par Malajube (dont on a entendu les chansons dans la comédie The Trotsky) et Pierre Lapointe (qui signe la musique du film Le vendeur, de Sébastien Pilote).
Parmi les comédiens qui participeront au gala, citons Rémy Girard, Guillaume Lemay-Thivierge, Julie Le Breton, Guylaine Tremblay, et Mariloup Wolfe. Du côté des nominations, Incendies, de Denis Villeneuve, mène la course avec 10 mentions.