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Les yeux noirs: les mystères de l'ombre

Mathieu a sept ans et il a des yeux tout le tour de la tête… et même ailleurs. Aveugle de naissance, il est capable de voir grâce à ses mains qui frôlent les objets, à ses oreilles qui déchiffrent le moindre bruit et à son nez qui ne s’en laisse pas imposer. Son anniversaire arrive à grands pas, et il fera tout pour découvrir son cadeau à l’avance.

Tiré d’un roman pour enfants écrit par Gilles Tibo en 1999, Les yeux noirs est le dernier projet de l’Office national du film : un dessin animé de 15 minutes en 3D qui a pris 2 ans à voir le jour. «Ce qui m’a tout de suite accroché dans le livre, c’est le potentiel de la réalisation, raconte son cinéaste, Nicola Lemay. Tout de suite, il m’est venu plein d’idées. Je pou­­vais, par exemple, jouer avec le noir, avec le son. Le côté non-voyant n’était pas pour moi un handicap. Au contraire, c’était un sujet qui me poussait à trouver d’autres façons de faire.»

La ligne directrice, c’était de se laisser guider par l’imagination, d’éviter de se censurer, de garder en tête qu’il s’agit d’une Å“uvre de fiction et non d’un documentaire didactique. «Une fois qu’on a fait ça, on est allé voir l’Institut Louis-Braille et l’école Jacques-Ouellette (un établissement spécialisé en déficience visuelle) pour ne pas faire de grossières erreurs», note le réalisateur, à qui on doit le court métrage Noël Noël.

À la différence des films Toy Story, Les yeux noirs n’est pas conçu en images de synthèse, mais en dessins animés traditionnels, dans la même veine que les vieux classiques de Walt Disney et les opus d’Hayao Miyazaki. Le tout a été tourné en trois dimensions, à l’aide de deux caméras, comme Avatar, de James Cameron, et non pas comme Alice au pays des merveilles, de Tim Burton, dont les effets visuels ont été gonflés après le tournage.

«Je pense qu’il y a des films qui peuvent bénéficier de la 3D, poursuit Nicola Lemay. Ici, il y avait un potentiel d’augmenter la valeur du film en le faisant avec cette technologie. Comme le petit garçon est non-voyant, on découvrait l’image avec les autres sens. Il y avait un côté immersif que la 3D pouvait procurer.»

Voir autrement
En plus du court métrage Les yeux noirs, de Nicola Lemay, la CinéRobothèque propose jusqu’au 6 mars plusieurs activités qui permettent de vivre, l’espace de quelques minutes, dans la peau d’une personne aveugle. Divers jeux sensoriels sont à l’honneur. On peut entre autres taper des mots sur une machine à écrire en braille, tester son goûter et son odorat, marcher avec une canne et écouter la description du film Chez madame Poule tout en s’imaginant les images. Le tout est gratuit pour les enfants de moins de 12 ans.  martin gignac

Les yeux noirs
6 mars de 10 h à 16 h au Cinéma ONF à Montréal

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