Culture

Ciel et Maysun, deux artistes de la nébuleuse Mutek

Mutek
Maysun et Ciel se produisent à Mutek cette année Photo: Collaboration spéciale Mutek

À l’occasion du festival Mutek, Métro brosse un portrait croisé de Ciel et Maysun. Ces deux artistes y sont en effet attendus pour la première fois pendant la fin de semaine. Rencontre.

Elle, la Torontoise aux DJ set teintés d’acid techno et aux multiples collaborations inclusives; lui, le percussionniste, claviériste et ingénieur sonore montréalais. Cindy Li, a.k.a Ciel, et Étienne Mason, avec son projet Maysun, ont été conviés à prendre part à la fascinante programmation du festival international de créativité numérique et de musiques électroniques. Si leurs productions sont aux antipodes l’une de l’autre, les musiciens partagent en revanche leur baptême Mutek cette année.

«Je suis définitivement nerveuse à l’idée de jouer mon live», confie Ciel qui présentera en première mondiale First Light le 28 août au MTELUS lors de la Nocturne 2. À la veille de sa performance au Parterre du Quartier des spectacles pour l’Expérience 3, Étienne Mason est lui aussi envahi par un mélange d’appréhension et d’empressement. «Ça fait longtemps que je n’ai pas été sur scène en solo, mais je suis content de pouvoir le faire à Mutek», explique-t-il.

Il faut dire que pour ces deux-là, Mutek signifie beaucoup. Selon Étienne Mason, le festival est incontestablement l’un des plus importants de la musique électronique. «À mes yeux, il permet tant l’expérimentation que la maîtrise d’une performance, souligne-t-il. Il me semble que mon projet, avec batterie et synthétiseur modulaire dans un aspect immersif et d’improvisation, s’inscrit donc plutôt bien dans l’univers Mutek».

Alors que, confinement oblige, sa prestation avait dû être reportée l’année passée, Ciel expose volontiers son enthousiasme de participer — enfin — à la 22e édition de Mutek. «C’est un grand honneur. Je suis plus que jamais prête!»

Ciel et Maysun, la justesse dans l’âme

Ciel et Maysun ont également en commun le soin des choses bien faites. «Travailler en studio me convient très bien, mais jouer live est l’exact opposé de que qui vient naturellement pour moi. En tant qu’artiste, c’est bien de repousser ses limites et de sortir de sa zone de confort. Puisque je suis une perfectionniste, avec un côté obsessif et méthodique, j’ai consacré les derniers temps à First Light», raconte une Cindy Li pour qui la pratique quotidienne de la musique est une constante.

Celle-ci n’hésite d’ailleurs pas à plaisanter sur ce trait de personnalité. «J’ai fait ce rêve angoissant où je me réveille la veille de Mutek, et je n’ai rien. Pour éviter cela, je me suis donc préparé un emploi du temps détaillé.» Psychédélique, dreamy, assurément fluctuante et percutante, Ciel annonce d’ores et déjà une représentation surprenante et authentique ce week-end.

De son côté, Étienne Mason a conçu une session musicale inédite. Un peu comme un peintre élaborerait sa palette de couleurs pour exécuter un tableau, lui organise les sons. «Je ne sais pas nécessairement quelle forme tout ça va prendre. C’est là que l’improvisation arrive.»

«La musique que je vais jouer samedi est inspirée de mes précédents albums avec des pièces du prochain. J’ai repris et modifié ces pistes, je les ai rentrées dans une machine, et c’est avec ça que ma batterie va interagir», poursuit-il avec la précision d’un métronome.

Enfin, les festivaliers de Mutek pourront, en quelque sorte, s’attendre à de nouvelles interprétations de ce que Ciel et Maysun ont pu réaliser jusqu’à présent.


Ciel à propos de Montréal en deux questions

Même si c’est votre premier concert à Mutek, vous êtes une habituée de Montréal, n’est-ce pas?

Mon premier gig à Montréal date d’il y a six ans environ. Toronto est bien sûr ma ville, mais je peux dire que je me sens ici comme à la maison. Ce sont les deux endroits où j’ai le plus fait de DJ set.

Qu’est-ce qui fait la spécificité de Montréal du point de vue de la musique électronique?

Les gens d’ici n’ont pas de goûts prétentieux et assument ce qu’ils aiment. Il y a un côté très enjoué des Montréalais, que j’admire. Les raves ont une énergie très spéciale, à l’inverse de Toronto où le public est souvent mal à l’aise. Il y a une tradition à Montréal qui est d’aimer et d’adhérer à la musique électronique. Personne n’a rien à prouver. Tout ça fait que j’ai beaucoup d’amis ici (rires).

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