Culture

«Aline» de Valérie Lemercier, un conte de fées pas assez moderne?

Valérie Lemercier et Sylvain Marcel dans «Aline» Photo: Maison 4:3

Ça y est. Après plusieurs reports, Aline, le film librement inspiré de la vie de Céline Dion, arrive enfin sur nos écrans. Sa coscénariste, réalisatrice et interprète principale, Valérie Lemercier, s’est entretenue avec Métro.

Dire qu’Aline est attendu relève de l’euphémisme. Dès la sortie de sa bande-annonce, la machine médiatique s’est emballée. Plusieurs, dont l’autrice de ces lignes, craignaient le pire. Heureusement, loin de la parodie, ce film est d’abord et avant tout un hommage senti à la diva de Charlemagne.

Le choix de dépeindre la relation amoureuse entre Aline Dieu et Guy-Claude Kamar (les noms des personnages directement inspirés de Céline Dion et René Angélil) comme un conte de fées risque toutefois de déplaire à une certaine frange du public. Le film montre en effet une femme qui n’existe qu’à travers le regard de son amoureux.

«Faire un film, c’est faire des choix. Moi, j’ai choisi de parler de l’histoire d’amour», se défend l’humoriste, actrice, scénariste et réalisatrice française notamment connue pour son rôle de Béatrice de Montmirail dans le film culte Les Visiteurs.

Le film raconte la vie d’Aline, de sa rencontre avec Guy-Claude à l’âge de 12 ans jusqu’à son retour sur scène, quelques semaines à peine après les funérailles de ce dernier. La «nouvelle Céline» des cinq dernières années, qui semble plus affranchie et décomplexée que jamais, y est absente.

En France, tout le monde me demande pourquoi on ne voit pas Jean-Jacques Goldman dans le film. Ici, on voudrait voir Céline habillée par Pepe Muñoz… Moi, c’est l’histoire d’amour que je voulais raconter.

Valérie Lemercier

Valérie Lemercier se montre admirative de la relation entre la chanteuse et son gérant. «Je pense que beaucoup d’artistes aimeraient avoir un René à leurs côtés. J’en fais partie. Ça ne peut plus m’arriver parce qu’il est trop tard, mais avoir un seul amour dans sa vie, c’est quand même aujourd’hui un exploit.»

Un film drôle et émouvant, à l’image de sa muse

Au-delà de la représentation de cette relation, Aline réussit à être à la fois drôle et émouvant. Ce qui démarre dans un registre comique devient peu à peu plus dramatique.

Au début, on rit des noms donnés aux frères et sœurs de la chanteuse: Jean-Babin, Jean-Claudin, Jean-Colin, Jean-Sylvain, Jeannette, Pierrette, Josette, Bernadette… Mais plus Aline connaît la gloire, plus on ressent son isolement, sa fatigue et sa vulnérabilité.

Pour Valérie Lemercier, icône de la comédie, il était primordial de trouver le bon équilibre entre le rire et les larmes. «Je n’aime pas la mièvrerie, dit-elle. Quand c’est trop tendre, ça me gêne. Dans ces moments, il faut vite faire une connerie, et Céline aussi est comme ça, je crois.»

En effet, le ton du film est à l’image de ce que dégage la chanteuse dans l’espace public: elle se montre capable de déconner avec les Jimmy Fallon et James Corden de ce monde, mais aussi d’exprimer ses émotions avec une sincérité désarmante.

Tutoyer Valérie Lemercier

L’actrice et humoriste française le dit et le répète sur toutes les tribunes: elle a eu un malin plaisir à tourner Aline avec ses collègues québécois, notamment Sylvain Marcel, Danielle Fichaud et Antoine Vézina.

Je n’ai jamais eu affaire avec des acteurs aussi bons, vraiment! Ils sont tous tellement impliqués, tellement sincères…

Valérie Lemercier, à propos des acteurs québécois dans Aline

Au tout début de l’entrevue, lorsqu’on lui demande si elle préfère le tutoiement ou le vouvoiement, elle y va d’une anecdote: «Vous m’avez “québéquisée”! Avant, j’avais beaucoup de mal à dire “tu” en France. Maintenant, je m’aperçois que je tutoie des gens âgés que je ne connais pas, c’est rentré dans ma tête. Parfois, ça choque un peu, c’est marrant.»

Ce qui a été aussi «marrant» pour Valérie Lemercier, c’est d’avoir incarné Céline Dion à tous les âges, même enfant. «Dans une même journée de tournage, je pouvais le matin avoir 10 ans et écraser mes gros seins sous mon costume et, l’après-midi, les sortir pour allaiter les jumeaux.»

Quelle Céline a-t-elle préféré incarner? «L’adolescente, celle qui regarde Vanessa Paradis avec envie à la télé. Parce que je comprends tellement ce sentiment», dit celle qui fait aussi carrière dans le show-business depuis une trentaine d’années.


Aline

En salle dès vendredi

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