Le cinéma black en vedette à Montréal
Cette année, plusieurs des films présentés au Festival international du Film Black de Montréal (FIFBM) traiteront d’esclavage. «C’est un thème qui s’est imposé de lui-même, parce qu’il est d’actualité et récurrent dans les œuvres qui nous ont été soumises, croit Fabienne Colas, fondatrice et présidente. On n’en est pas toujours conscient, mais l’esclavage nous touche encore de près, même de nos jours, même à Montréal.»
Les films d’ouverture et de fermeture abordent le sujet de manière fort différente : le premier, Case départ, est une comédie mettant en vedette les humoristes Fabrice Eboué et Thomas Ngijol, alors que le dernier, I Am Slave, raconte l’histoire vraie d’une jeune fille esclave à Londres au 21e siècle. L’exposition Visages de l’esclavage est également présentée dans le cadre du festival.
Malgré la profusion de festivals de cinéma à Montréal, Fabienne Colas n’a aucun doute au sujet de la pertinence du sien et affirme qu’il est «complémentaire» à ceux qui sont organisés le reste de l’année. «Les cinéastes indépendants apprécient le FIFBM, puisque dans n’importe quel gros festival, comme le TIFF, on n’en a que pour les Deneuve et les Clooney. Ici, ce sont eux, les vedettes.»
Le Festival du Film Black – anciennement Festival du film haïtien – ne remplit par ailleurs pas la même mission que Vues d’Afrique, par exemple. «L’Afrique, c’est une réalité très métissée, rappelle Mme Colas. Il y a des Noirs, des Blancs, des Berbères, des Juifs… Le but du FIFBM est de faire connaître la réalité particulière des Noirs, peu importe de quel pays ils viennent. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le FIFBM laisse une grande place aux films en anglais, puisque la réalité Black est très anglophone.»
Cette année, le FIFBM présente des films issus de 35 pays, alors qu’ils étaient 25 l’an dernier, souligne la présidente. «On sent l’engouement qui se crée de plus en plus, et on voit que chaque film rejoint un public différent – Noir, Blanc, métissé, jeune, vieux… On présente 125 films, dont
80 premières, explique-t-elle. Sans le FIFBM, ces œuvres n’auraient jamais pu être vues par le public
montréalais.»
Coups de cœur
Fabienne Colas admet avoir eu quelques «violents coups de cœur» dans la programmation :
- Lost in Africa, long métrage de fiction de Vibeke Muasya, racontant l’enlèvement d’un petit Kenyan en visite dans son pays, et les efforts de sa mère adoptive pour le retrouver
- Kina, court métrage documentaire de Sounkalo Dao sur une fillette albinos burkinabè
- Colour Me, de Sherien Barsoum, un documentaire sur un mulâtre torontois qui ne se trouve à sa place ni dans la communauté noire, ni chez les Blancs
Festival du film Black de Montréal
Jusqu’au 2 octobre