Culture

Avec son premier «one man show», Renzel Dashington introduit son humour grinçant

Renzel Dashington Photo: Kevin-Ritchie/Gracieuseté

En tant que «célibataire de 44 ans», l’humoriste Renzel Dashington estime avoir beaucoup d’histoires à raconter. Après une première vie dans le show-business, l’ancien gérant d’artistes de Corneille présente son premier one man show, qui se veut une introduction à son style d’humour acerbe et grinçant.

Connu plus récemment pour ses prises de position engagées et ses vidéos humoristiques sur les réseaux sociaux, Renzel Dashington «tricote de manière précieuse» son spectacle intitulé Yo, les bailles sont f*cked up (YLBSF) depuis maintenant cinq ans.

Or, celui qui se décrit comme un «black Louis-José Houde» souligne toutefois que son one man show n’a rien à voir avec les coups de gueule auxquels il a habitué 29 000 abonné.e.s sur Internet. 

«Ce que tu vois de moi sur les réseaux sociaux, de manière générale, c’est quelque chose auquel j’ai pensé en moins de cinq minutes, explique-t-il. Je suis connu sur Internet pour plein de raisons, mais je suis un vrai de vrai stand-up

Pour bâtir ce premier spectacle solo, le Montréalais d’origine haïtienne s’est inspiré d’anecdotes de son quotidien. Puisqu’il a «vécu plusieurs vies», Renzel Dashington est d’avis qu’il en a beaucoup à raconter. 

En effet, le véritable touche-à-tout a d’abord commencé sa carrière dans le show-business il y a 20 ans comme promoteur d’événements spéciaux dans des clubs. Il était même l’un des créateurs originaux du Beachclub. En tant que gérant d’artistes, producteur et éditeur, il a également travaillé avec Corneille, Gage, Barnev Valsaint (Céline Dion) et Pierre-Luc Rioux (David Guetta).

Sur son X avec l’humour

C’est seulement il y a cinq ans, alors qu’il célébrait ses 40 ans, que Renzel Dashington est monté sur scène pour la première fois afin d’y présenter des blagues comme humoriste.

«C’était horrible, horrible, horrible. […] Mais j’ai eu un gros rire et ce gros rire-là, je l’ai chasé [pourchasser] pendant longtemps. Je m’y suis accroché. Ç’a confirmé que j’étais à ma place», se rappelle-t-il.

À partir de 2017, celui qui n’a jamais fait l’École de l’humour rêve d’en faire une carrière. L’ex-producteur tente alors sa chance dans le milieu, non sans effort, tout en portant le projet Les Bad Boys du rire, des soirées d’humour à saveur maghrébine, arabe, haïtienne et africaine.

«On avait de la difficulté à confirmer des espaces, parce qu’il y a une espèce de règle non écrite dans le métier qu’il y a un Noir par show seulement», se désole-t-il notamment. 

S’il affirme n’avoir jamais cru que l’humour aurait une place aussi importante dans sa vie, Renzel Dashington se réjouit aujourd’hui de pouvoir en faire son métier.

«Honnêtement, ce qui me rend le plus fier, c’est d’être capable de dire que je ne vis pas confortablement de l’humour, mais que je vis de l’humour», affirme-t-il. 

Un spectacle «50% substance et 50% ratchet»

Or, il mentionne que son spectacle n’est pas non plus un récit de sa vie en tant que tel. Son objectif est de susciter un rire aux 15 secondes, rien de moins.

«Je veux que tu quittes avec les abdominaux serrés. It’s not about my life. Je suis un athlète de l’humour», affirme-t-il.

Yo, les bailles sont f*cked up, c’est plutôt «une introduction» à qui il est, à son ton et à son style humoristique.

«Moi, mon délire, c’est 50% substance et 50% ratchet. Si t’es trop pogné dans tes souliers, viens pas chez nous. Puis, si t’as envie que les choses aillent trop loin, viens pas chez nous non plus», met-il en garde.

En effet, à travers un humour parfois choquant mais toujours dédramatisant, il aborde des sujets qui le touchent, comme la satire des tensions raciales ou la vie de célibataire. Rien ni personne n’y échappe. 

En spectacle au Ausgang le 26 mai dernier, Renzel Dashington confiait d’ailleurs à son public avoir refusé de modifier un de ses numéros pour participer à l’émission Le prochain stand-up, dans laquelle des humoristes de la relève traversent une série d’affrontements humoristiques sur scène. Il semblerait qu’une de ses blagues, qui porte sur un itinérant ayant proféré des insultes racistes à l’humoriste, n’ait pas plu aux producteurs de l’émission diffusée à Noovo. 

Mais cela n’a pas pour autant freiné Renzel Dashington dans sa quête humoristique. Depuis l’an dernier, il présente son one man show un peu partout, notamment à Paris, où il a donné 27 représentations en 14 jours. 

Cet été, il est de retour à Montréal pour plusieurs dates de spectacles, dont une le 3 juillet prochain à la salle Le Ministère. Les billets sont en vente ici.

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