Culture

Absences: les vestiges du passé

Absences: les vestiges du passé
Photo: Onf

La mémoire et les souvenirs sont les vecteurs d’Absences, le nouveau documentaire de Carole Laganière qui porte sur les quêtes intimes de quatre individus résilients.

Le projet s’articule autour de Nathalie, qui recherche inlassablement sa sœur disparue, Ines qui retourne en Croatie pour voir sa mère après l’avoir quittée pendant la guerre, Deni qui désire en savoir plus sur les racines de son père décédé, et la cinéaste elle-même qui tente de composer avec l’Alzheimer de sa mère.

«J’avais envie d’exprimer ma propre absence anticipée que je suis en train de vivre par rapport à ma mère et de la mettre en parallèle avec des absences vécues par d’autres personnes», explique en entrevue Carole Laganière, dont l’idée de départ lui est venue dans des chambres d’hôtel, ces lieux sans mémoire.

Trouver les trois bons sujets pour exprimer ce sentiment de perte ne fut pas facile. La réalisatrice désirait des gens qui se tenaient debout et qui ne démissionnaient pas devant l’adversité. De plus, la complémentarité des histoires personnelles était importante.

«Ils sont trois pôles différents de l’absence et ils ont trois façons différentes de fonctionner, raconte celle qui a offert en 2011 le très intéressant L’est pour toujours. Nathalie est dans l’action, Ines est dans l’émotion, et Deni est beaucoup dans la réflexion.»

Devant autant de fantômes du passé qui rôdent, il aurait été presque compréhensible de s’emmurer dans le drame lourd et la mélancolie déprimante, ce que la réalisatrice n’a pas fait. Une certaine légèreté est palpable, se manifestant principalement chez la mère de la metteure en scène. « C’est tout un numéro, confie sa fille. Je suis très heureuse qu’il reste quelque chose d’elle, je suis contente de l’avoir filmée pendant qu’elle est encore bien, pas trop affectée par l’Alzheimer.»

Tout au long de ses 75 minutes, le documentaire évoque l’odyssée et le voyage, un périple initiatique où les images résonnent, valant parfois mille mots. «Je voulais construire mon documentaire à partir de rencontres, de choses que les gens font, développe la cinéaste en parlant de sa démarche créatrice. J’ai privilégié l’action à la parole. Souvent, dans un documentaire, on a tendance à faire le contraire.»


Absences
En salle dès vendredi