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Jacquelin Rochette est facteur d’orgues

Photo: Daphné Caron/Urbania

Les orgues de Casavant, petite entreprise de Saint-Hyacinthe, sont vendus partout dans le monde, de Séoul au Texas, en pas­­sant par la Mongolie et notre adresse symphonique à nous. Le directeur artistique de cette entreprise, Jacquelin Rochette, participe à leur cons­truction depuis 1984.

Quelles sont les étapes de fabrication d’un orgue?
Il y en a des centaines. Ça commence par la commande d’un client, qui veut tel ou tel son. Il y a plusieurs variables sur un orgue, par exemple le nombre de tuyaux, le nombre de jeux, etc. Après, on fait un dessin de présentation en fonction de la façon dont sera installé l’orgue dans la salle. Ensuite, c’est la fabrica­­­­­­­tion dans notre usine de Saint-Hyacinthe. Jusqu’à 70 per­son­nes peuvent travailler sur un orgue. Tout est fait à la main. On fabrique même nos propres ressorts, parce que la tension doit être extrême­ment précise. En tout, la construction d’un orgue peut prendre 36 000 heures.

Est-ce que c’est un domaine qui évolue?
La facture d’orgue est issue d’une longue tradition: les jeux sont les mêmes depuis des siècles, et on coule encore les tuyaux de la même façon qu’en 1714. On ne peut pas réinventer la roue, mais il y a plusieurs avancées technologi­ques possibles. Il faut toutefois savoir les intégrer sans perdre l’essence de l’instrument. Nous tentons toujours d’innover.

Par exemple?
Casavant est reconnue pour avoir breveté en 1915 le sommier à rouleau: grâce à ce système, en appuyant sur une touche, on actionne un rouleau qui touche à un fil qui envoie une impulsion électrique. Ça reproduit le sentiment de jouer d’un instrument mécanique, même si c’est électrique.

Quel est le plus gros orgue que vous ayez fabriqué?
Un orgue de 10 615 tuyaux que nous avons construit pour la Broadway Baptist Church, au Texas.

À combien d’instruments avez-vous contribué?
Quand je suis entré chez Casavant comme adjoint au président, on en était à l’opus 3590, et aujourd’hui, on est rendu à 3900. J’en ai donc vu passer plus de 300.

Vous souvenez-vous de la première fois que vous avez entendu de l’orgue?
C’était à l’église Saint-Augustin-de-Desmaures, quand j’avais six ans. Je ne comprenais pas comment on pouvait produire autant de sons différents. Chaque jeu peut se combiner, donc la variété de sons est infinie.

Qu’est-ce que ça vous fait que des groupes rock comme Arcade Fire s’approprient l’orgue?
Ça ne m’étonne pas! C’est tellement riche comme instrument!

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