Littérature: le défi de Guillaume Musso
L’écrivain français Guillaume Musso publie son 11e roman, Central Park, un thriller psychologique à rebondissements qui débute à New York, la ville de son cœur. Il s’est confié à Métro.
Central Park est le titre, mais aussi le point de départ de ce nouveau roman. Est-ce une manière de prolonger votre histoire avec New York?
Mon goût, ma passion pour cette ville ne sont pas nouveaux. Curieusement, au début du projet, l’intrigue commençait à Hong Kong! L’idée remonte à trois ans, j’étais en promo là-bas et je me suis lancé un défi de romancier: placer dès la première scène deux personnages dans une situation inextricable, en m’interdisant toute explication surnaturelle. Le truc le plus excitant, et compliqué à faire, c’était un homme et une femme, qui se réveillent menottés l’un à l’autre sans savoir comment ils sont arrivés là. J’ai pensé aux quais de Hong Kong, au Pic Victoria aussi… J’attendais une manière de dénouer ce pitch et, comme souvent, la réponse est venue des personnages. Comme dans les livres, comme dans les séries que j’aime, on a besoin d’avoir de l’empathie pour les héros. Le déclic est venu du personnage d’Alice, de son passé et du drame personnel qui est au cœur du livre. Entre-temps, je suis passé de Hong Kong à New York, parce que j’adore cette ville et que j’avais envie de montrer certains quartiers qu’on ne connaît pas toujours.
D’un roman à l’autre, on remarque votre obsession du rythme, de la vitesse. Est-ce quelque chose que vous travaillez consciemment?
Ça aussi, c’est l’influence des séries télé. Central Park commence à 8 h du matin et se termine à minuit. C’est une intrigue en temps réel, hormis les flash-back qui nourrissent les personnages. J’adore Hitchcock et j’ai beaucoup relu ses entretiens avec Truffaut. Il expliquait qu’il voulait toujours que sa caméra permette au spectateur de faire une sorte de ménage à trois avec les héros. Ma volonté en écrivant, c’est ça: entraîner le lecteur au cœur de l’intrigue et lui proposer une expérience de lecture moderne, excitante.
C’est votre 11e roman. Comment surprendre à raison d’un livre par an?
Je ne veux pas entrer dans une sorte de confort, que les gens se disent «un Guillaume Musso, c’est forcément ça». Le déclic est venu il y a quatre ans, lorsque j’ai écrit L’appel de l’ange. À l’époque, beaucoup de gens, des lecteurs comme des critiques, ont souligné le côté suspense, la dimension thriller là où, dans l’esprit de certains, je faisais toujours des histoires d’amour avec du surnaturel. Aujourd’hui, je poursuis dans cette voie parce que c’est ce qui me correspond en tant que lecteur. Et je continue mon lent travail de «décollage des étiquettes». (sourire)
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Chez vous, il y a toujours un personnage féminin fort, et cette fois vous avez raconté son passé à la première personne. Est-ce un exercice périlleux?
Je le fais de façon assez naturelle. Écrire un personnage féminin à la première personne, curieusement, me permet de me livrer davantage. Et puis je joue pas mal avec l’inversion des rôles. Chez moi, c’est souvent la femme qui est le moteur de l’action, encore plus dans ce roman-là.
Central Park
Aux éditions Xo
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