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Être parent devant sa télé

En plus d’être un téléphage affiché, je suis le papa d’une petite fille de bientôt quatre ans.

Une mini-version de moi partageant, dans les balbutiements de son apprentissage, ma fascination pour la boîte à images qui trône au centre du salon.

Comme beaucoup de parents, je jongle avec le délicat dosage d’heures de télé que je laisse à ma fille.

Qu’on le veuille ou non, la télévision fait partie de notre culture et pour les plus jeunes, elle englobe autant les films que les dessins animés et les jeux vidéo. Pour un bambin, une télé c’est un monde à découvrir, malgré les effets pervers de l’exposition à l’écran qu’on critique souvent.

Il se situe où le juste milieu?

D’un côté, pas plus fou qu’un autre, j’ai envie de voir ma fille s’épanouir à l’extérieur et être stimulée par des activités manuelles, des brindilles, des chenilles et une merveilleuse boîte de crayons douze couleurs.

Mais, comment puis-je la priver d’une télévision que j’utilise moi-même abondamment, et ce, depuis mon plus jeune âge?

Même quand on la peinture comme étant l’Antéchrist de la petite enfance, la télévision demeure une fenêtre ouverte sur le monde de par ce qu’elle diffuse. Le vocabulaire de ma fille s’enrichit diablement plus devant les Teenage Mutant Ninja Turtles que lorsqu’elle m’écoute lui répéter 36 fois en 10 minutes de finir son assiette si elle veut un dessert.

Ce sont ici des extrêmes maladroitement juxtaposés, mais n’empêche, la télévision n’est pas qu’une mauvaise chose ou une paresse parentale.

Ne devrait-on pas contrôler le contenu plutôt que de s’acharner à blâmer le contenant? Comme avec beaucoup de choses dans la vie, on peut toujours en tirer un avantage notoire.

Un peu moins de la débile et répétitive Dora le matin et un peu plus de films pour nos enfants?

Ils sont souvent mieux construits et introduisent des concepts complexes dans l’univers de nos enfants comme la mort, l’amour et l’amitié, sans inutilement galvauder le tout avec des interjections débiles entre les personnages et l’écran.

J’ai beaucoup de difficulté à refuser un film à ma fille sachant que le gros de mon apprentissage, encore aujourd’hui, passe par le septième art qui combine toute la culture du monde dans un simple appareil.

Mais ça, c’est moi.

J’aime ma fille et j’aime mon téléviseur. Je ne vois pas pourquoi un triangle amoureux ici ne ferait pas de sens, pour une fois.

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