Livres: questions en rafale à l’auteur Jean-François Beauchemin
Jean-François Beauchemin écrit depuis plus de 30 ans, mais ne publie que depuis 15 ans. Il a été salarié pendant 12 ans à la Société Radio-Canada comme rédacteur, et comme réalisateur à la radio. Homme de lettres, homme qui a des mots dans l’âme, il estime être né comme ça. «C’est toute ma vie qui est teintée par ça», dit-il.
Le hasard et la volonté, c’est l’histoire d’un homme qui a été jugé et condamné à mort. On le retrouve au fond de sa cellule où il décide d’écrire ses souvenirs et les étapes qui l’ont mené au crime qu’il a commis.
Quel est votre livre de chevet en ce moment?
En ce moment, je lis Limonov, d’Emmanuel Carrère.
Que faites-vous quand vous n’écrivez pas?
Oh mon dieu! (Rires) Beaucoup de choses! D’abord, je lis. Mais je m’occupe aussi de la maison. Je suis travailleur autonome, on peut le dire comme ça, puisque je suis écrivain à temps plein. Donc, quand je n’écris pas je m’occupe de tout. Les courses, les repas et tout ce qu’on doit faire dans une maison. Enfin je fais un million de choses. Je mène la vie de tout monde, une vie moderne et mouvementée.
Qui sont vos auteurs étrangers préférés?
Ça fait des années que je dis la même chose et, même si j’aimerai que ça change, ce sont ces mêmes noms qui me reviennent à l’esprit. Je parle beaucoup d’Albert Camus, de Romain Gary, de Boris Vian. Du côté américain, j’aime Paul Auster, John Erving et Jim Harrison.
Quel est le livre que vous avez le plus aimé?
Celui qui m’a le plus marqué, c’est sans doute Vol de nuit, de Saint-Exupéry. Parce que c’est le premier que j’ai lu et aussi parce que c’est sans doute celui-ci qui m’a donné le goût non seulement de lire, mais aussi d’écrire.
Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire?
Ce sont les autres écrivains, les livres m’ont amené aux livres. La lecture, les écrivains m’ont d’abord transmis le goût des mots. Et une fois que j’ai pénétré ce monde des mots, je me suis mis moi-même à rêver de fabriquer à mon tour des histoires et de faire des livres. C’est par les autres écrivains que je suis devenu écrivain.
Qui sont vos auteurs québécois et/ou canadiens préférés?
J’aime beaucoup, au Québec, Robert Lalonde. Une écrivaine, malheureusement trop méconnue, Monique Larue, j’aime beaucoup Gabrielle Roy, qui n’est plus là mais qui a écrit des livres, parmi mes préférés toutes catégories et nationalités confondues. J’aime bien Michel Tremblay de temps à autres.
Vous glissez-vous dans la peau de vos personnages?
Oui constamment et beaucoup! Surtout depuis quelques années, j’écris beaucoup de choses autobiographiques, alors il y a toujours une touche de romance, je ne veux pas rester dans la réalité pure, alors je romance, l’imagination est l’œuvre, le contraire sera un peu triste. Un écrivain doit faire appel à son imagination. Cela étant dit, j’écris des choses qui me touchent de très près, qui me ressemblent beaucoup. Mes personnages sont souvent mes alter ego. Alors forcément je me mets dans leurs peaux, ou vice versa, eux se mettent dans la mienne.
Quelles sont vos routines d’écriture?
Je considère ce métier comme un travail. Le matin, je fais comme tout bon travailleur : je me lève à peu près à la même heure tous les jours, cinq jours semaine. Et à 8h, j’ouvre l’ordinateur et j’écris une page. Une page par jour qui me prend environ quatre heures. Vers midi j’ai fini ma journée d’écrivain. Et là commence ma vie d’homme normal. Donc ma routine : quatre heures d’écriture, chaque jour de la semaine, de 8h à 12h. Je ne suis pas un homme de rituel, mais j’ai des habitudes bien ancrées. Des habitudes desquelles je ne peux pas déroger. Pour écrire, ça prend une discipline bien serrée.