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Edge of Tomorrow: le jour de la marmotte

Photo: Warner Bros

Après The Bourne Identity et Mr. and Mrs. Smith, le réalisateur Doug Liman propose maintenant Edge of Tomorrow.

Quelque 18 ans après ses débuts avec Swingers, le réalisateur de Bourne Identity et de Mr. and Mrs. Smith est de retour avec un nouveau film d’action inventif, Edge of Tomorrow (Un jour sans lendemain), qui met en vedette Tom Cruise dans le rôle d’un soldat peureux qui revit continuellement une bataille contre des envahisseurs extraterrestres, coincé dans une boucle temporelle à la Groundhog Day. Visiblement pas un adepte de la langue de bois, Doug Liman a parlé à Métro.

Quand on tourne plusieurs prises de différentes versions de la même scène, comment fait-on pour ne pas devenir fou?
L’ironie, c’est que c’est ce que les cinéastes font tout le temps de toute façon. Enfin peut-être que Clint Eastwood n’a besoin d’en tourner qu’une, mais le commun des mortels doit généralement tourner en moyenne sept prises. (Rires) Mais en même temps, c’était un gros défi parce que je suis très perfectionniste. Je voulais que la performance de Bill Paxton, par exemple, soit identique jusqu’au moment où le personnage de Tom Cruise fasse quelque chose de différent – exactement la même performance, pas seulement les mêmes mots. La seule façon dont on peut y arriver est de filmer l’acteur avec plusieurs caméras, chacune associée à une partie précise du film. En tant qu’êtres humains, on ne peut pas réellement répéter la même performance deux fois de suite. On peut passer proche, mais si on s’arrête à chaque geste, chaque manière de dire les choses, chaque cheveu… Enfin, s’il y a un acteur qui pourrait y arriver, c’est Tom Cruise. Mais ironiquement, c’est le seul acteur qui n’avait pas à le faire dans le film.

Vous devez pouvoir dresser plusieurs parallèles entre le tournage de ce film et une tournée de promotion…
Quand on accorde des entrevues pour un film comme Edge of Tomorrow, les gens sont toujours en train de demander: «Si vous pouviez retourner dans le temps et changer un jour de votre vie, lequel serait-ce?» Des questions idiotes du genre. Enfin, peut-être pas idiotes, mais quand on les entend encore et encore, on commence à comprendre ce que le personnage de Tom Cruise a dû vivre!

C’est rafraîchissant de voir un scénario original sortir d’un gros studio pour l’été!
C’est difficile de sortir des films originaux, non? Il faut éduquer le public pour qu’il sache de quoi parle Edge of Tomorrow, alors qu’on n’a pas besoin de le faire pour la suite de X-Men ou de Bourne. C’est pourquoi, en gros, il n’y a que Warner Bros. qui fait ce genre de films originaux. Ils ont le courage de miser sur un cinéaste – Alfonso Cuaron pour Gravity, Christopher Nolan pour Inception. Je respecte beaucoup ce studio. Je ne suis pas du genre à complimenter un studio normalement, mais ils m’ont énormément soutenu du début à la fin, alors que, quand j’ai fait The Bourne Identity, tout ce que Universal essayait de faire, c’est de transformer mon œuvre en un film générique qui ressemblerait à n’importe quel autre thriller d’espionnage qu’ils avaient vu avant. Warner Bros. veut des films originaux. Le studio veut être fier de ses films. Et je crois que les gens là-bas ont découvert la formule pour le faire tout en générant des revenus. Et en gardant leur emploi.

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Considérant que vous avez commencé votre carrière avec Swingers et Go, pensez-vous que l’industrie du film indépendant a beaucoup changé depuis?
J’interagis au moins une fois par semaine avec quelqu’un qui a tourné un film indépendant et qui essaie de le vendre. Dans un sens, ça m’excite beaucoup, car la technologie cinématographique est tellement plus accessible qu’avant. J’ai pu tourner Swingers seulement parce que mon père avait des amis riches et que j’étais déjà à Hollywood et que j’ai pu me faire des contacts. Dans ces conditions, en gros, on réduit l’industrie du cinéma indépendant à des cinéastes blancs et riches. Alors qu’aujourd’hui, n’importe qui peut faire un film. L’envers de la médaille, c’est que quand on a tourné un film, c’est un peu un cauchemar d’essayer de le vendre, puisqu’il y en a tellement d’autres qui sont faits, et les gens ne vont plus autant les voir au cinéma. Swingers avait joué dans des salles régulières alors qu’aujourd’hui, ce serait probablement dans une petite salle spécialisée dans les films d’auteur. C’est triste.

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=vw61gCe2oqI]
Edge of Tomorrow
En salle dès vendredi

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