Soutenez

La télévision, locomotive culturelle?

Photo: Métro

En bouquinant dans une librairie du centre-ville cette semaine, une question s’est mise à germer dans ma tête: est-ce que la télévision est désormais la principale locomotive de notre héritage culturel?

Autant ici qu’ailleurs, la télévision est de plus en plus un médium servant à réactualiser d’autres formes de productions artistiques. Rôle qui était, jusqu’ici, presque une exclusivité cinématographique. Les exemples se multiplient comme les pains et le vin.

The Leftovers, inspiré d’un roman du même nom. The Walking Dead, inspiré d’une bande dessinée du même nom. Fargo revisite le film des années 1990 des frères Coen. Sans parler de l’avalanche à prévoir de séries inspirées par l’univers de Marvel en plus de la déclinaison télé de The Avengers, inspirée autant du film de Josh Whedon que de la bande dessinée à la source.

Bref, la télé ouvre des portes vers d’autres médiums. En bouquinant pour me trouver un roman à lire, des présentoirs me rappelaient qu’au quotidien, je visionne peut-être trop de télé. La familiarité des couvertures, une mosaïque de visages meublant mon petit écran.

Sauf que la (ma) télé, à la carte, spécialisée, en est une culturelle maintenant.

Si je m’emmerde un mardi soir dans mon salon silencieux, je peux fouiner dans la sélection d’ARTV sur demande et me gâter avec une excellente télévision culturelle sans filtre, sans pub, sans limite. Puis-je en dire autant de l’internet qui, malgré toutes les belles intentions, me mitraille de distractions plus ou moins distinguées.

Trop d’information, c’est comme pas assez.

La télévision centralise tout, tel un entonnoir. Avec un minimum d’ouverture et de curiosité, la quantité d’information épongée est ahurissante – vous dis-je, en visionnant distraitement les meilleurs moments du Festival western de St-Tite de l’an dernier.

La diversité et le recyclage que m’offre la télévision, c’est peut-être même plus instructif que l’université que j’ai fréquentée (et que je paye encore, d’ailleurs).

C’est bien peu dire.

Votre téléviseur recevra-t-il un jour la reconnaissance qu’il mérite? Simplement si vous syntonisez autre chose que le choix par défaut, grand public, celui dont tout le monde parle. Laissez entrer un peu de jazz dans vos salons. Osez. Invitez vos yeux là où ils ne sont jamais allés. Ça pourrait vous surprendre.

En tout cas, moi je suis surpris. Je suis capable d’apprendre des choses en sous-vêtements dans mon salon par une humide soirée d’été.

C’est beau le progrès. Oui, c’est beau.

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=M6AXQeCE9Rw=&w640&h=360]

BONUS: Ça n’a pas rapport avec la choucroute, mais à une certaine époque, il y avait une peur réelle des effets pervers de la télévision. David Cronenberg pousse la réflexion à la limite avec l’excellent Videodrome.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.